Les maires de banlieue veulent peser dans la présidentielle

Gilles Leproust, maire d’Allonnes et président de Ville & Banlieue © Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP
L’association Ville et Banlieue va lancer un tour de France en vue de l’élection de 2027. Elle veut « empêcher le pire », c’est-à-dire l’arrivée du RN au pouvoir.
« On a la volonté de lancer dès le début de 2027 (…) un tour de France avec des étapes pour faire vivre, dix ans après, l’appel de Grigny, et pour faire des propositions qui seront utiles dans le cadre des élections présidentielle et législatives », a déclaré Gilles Leproust, président de l’association.
Lancé en octobre 2017 par une centaine de maires, l’appel transpartisan de Grigny (Essonne) réclamait au gouvernement un sursaut en faveur des quartiers populaires, en revenant notamment sur les coupes budgétaires visant les contrats aidés.
« Nous allons travailler sur un document, avec un premier objectif : que les six millions d’habitants des quartiers prioritaires ne soient pas les grands oubliés de ce scrutin », a ajouté Gilles Leproust, qui entend jouer un rôle « d’alerte et de mobilisation pour empêcher le pire avec l’arrivée du RN en 2027 ».
Territoires mis de côté
Les habitants des quartiers prioritaires ont, selon lui, « du souci à se faire », parce que les élus du RN considèrent « que la politique de la ville, c’est trop d’argent dilapidé ».
« Nous avons des situations qui s’aggravent, mais qui s’aggravent vraiment », a reconnu Catherine Arenou, maire DVD de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), citant notamment la crise du logement comme premier facteur de précarité.
Damien Allouch, maire PS d’Épinay-sous-Sénart (Essonne), a lui critiqué des territoires « mis de côté soit par méconnaissance, soit par volonté d’invisibilisation » sous les deux présidences d’Emmanuel Macron.
« Les tenants de discours extrémistes à droite vont nous expliquer (…) qu’on est le problème et vont développer de manière encore plus précise et plus violente la question de la concurrence entre les territoires », a-t-il regretté, redoutant une « mise au ban » des quartiers.
