La Haye vibre aux rythmes gnaoua

Les Super Gnawa Girls réunissent trois musiciennes issues de différentes traditions régionales marocaines. Leur présence au Holland Gnawa Festival illustre la place croissante des femmes dans la transmission et le renouvellement de la musique gnaoua.
Dans la ville néerlandaise de La Haye, le Holland Gnawa Festival revient du 28 octobre au 7 novembre pour une huitième édition. Maâlems, musiciennes et formations aux sonorités électroniques y font dialoguer la tradition gnaoua marocaine et les musiques d’aujourd’hui.
En bref
- La huitième édition se déroule du 28 octobre au 7 novembre 2026.
- Six institutions culturelles de La Haye accueillent concerts, rencontres et spectacles.
- Maâlem Abdelkebir Merchane, Abdellah Daoudi et Gnawa Diffusion figurent au programme.
- Les Super Gnawa Girls illustrent le renouvellement d’une tradition longtemps dominée par les hommes.
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Six lieux pour faire résonner la tradition
À La Haye, la musique gnaoua ne se cantonne pas à une seule scène. Pour sa huitième édition, le Holland Gnawa Festival investit six lieux culturels : Amare, Het Nationale Theater, Korzo, PAARD, Theater De Regentes et Juliana Plaza. Du 28 octobre au 7 novembre, concerts et rencontres invitent le public à découvrir ce patrimoine musical marocain.
Porté par la fondation multiculturelle Jongeren Geluid (MJG), l’événement entend rapprocher les publics, les générations et les cultures. Son mot d’ordre, « Muziek zonder grenzen » (« La musique sans frontières »), résume cette ambition.

Les artistes marocains au cœur de l’affiche
La scène marocaine occupe une place centrale dans cette édition. Le maâlem Abdelkebir Merchane, maître gnaoui de Marrakech, partagera l’affiche avec Abdellah Daoudi, figure de la chanson chaâbi. Les Super Gnawa Girls réunissent, quant à elles, Ijjou Beljaoui, Halima Boulkhair El Gourd et Fatima Zahra Jebli, trois musiciennes associées aux traditions d’Agadir, de Tanger et d’Essaouira.
Leur présence témoigne aussi de l’évolution d’un univers musical historiquement incarné par la figure masculine du maâlem, maître du guembri et du chant. Le 1er novembre, les trois artistes se produiront avec le Marmoucha Orchestra au PAARD, dans une rencontre entre répertoires traditionnels et arrangements contemporains.
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Du guembri à l’électronique
La programmation explore également les passerelles entre la tradition gnaoua et les musiques actuelles. Avec Trans Sahara Electro et Elements of Baraka, les rythmes traditionnels rencontrent les sonorités électroniques et d’autres influences contemporaines. Le festival ne présente donc pas la musique gnaoua comme un héritage figé, mais comme un langage musical susceptible de se transformer au contact d’autres univers.
La clôture, le 7 novembre à Amare, sera confiée à Gnawa Diffusion, dont l’univers mêle notamment gnaoua, rock et reggae.
La musique dans les rues de La Haye
Le festival entend aussi sortir des salles. Le 1er novembre, la parade Remork & Karkaba traversera le centre de La Haye. Cuivres, percussions gnaoua, chants et danses feront entrer cette musique dans l’espace public, au contact des habitants et des passants. Des ateliers, des rencontres et des activités destinées aux familles complètent le programme.
Pendant onze jours, la musique gnaoua investira ainsi les scènes et les rues de La Haye. Pour les artistes marocains, le rendez-vous offre une occasion de faire entendre leurs répertoires à de nouveaux publics. Pour les habitants, il ouvre une porte sur une tradition dont le guembri, les rythmes et les chants racontent une histoire marocaine, tout en continuant de se réinventer.
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