À Imilchil, quand la diaspora devient une force locale

Dans le Haut Atlas oriental, un territoire rural au cœur des enjeux de développement
Au cœur du Haut Atlas oriental, Imilchil accueille la 8e édition du Festival des Marocains du Monde. Du 11 au 14 août, la migration environnementale, l’économie sociale et solidaire et la diaspora sont au centre des débats, avec l’ambition de renforcer les territoires ruraux. Une question s’impose : comment transformer les compétences et les réseaux des MRE en leviers de développement local ?
Quand l’environnement devient un facteur de départ
Dans les territoires ruraux, les changements environnementaux touchent directement les conditions de vie. L’agriculture. L’accès aux ressources. Les activités économiques. Et, progressivement, les choix de ceux qui vivent sur place.
C’est dans ce contexte que prend tout son sens le thème de cette 8e édition : « Migration environnementale, économie sociale et solidaire et Marocains du Monde : Bâtissons ensemble l’avenir du monde rural ».
La diaspora comme force de développement
Le festival veut donner une nouvelle place aux Marocains du Monde. Pas seulement comme visiteurs ou investisseurs, mais comme partenaires du développement.
Leur expérience, leurs compétences et leurs réseaux peuvent être utiles aux territoires d’origine. Ils peuvent aussi faciliter l’accès à de nouveaux marchés ou contribuer au financement de projets.

L’économie sociale et solidaire comme réponse locale
L’Économie sociale et solidaire (ESS) permet donc de partir des ressources existantes : produits du terroir, artisanat, savoir-faire et initiatives associatives.
Le festival prévoit ainsi des visites de projets et de coopératives à Imilchil et à Agoudal. La valorisation des produits locaux figure parmi les initiatives mises en avant.
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L’écotourisme, un potentiel à structurer
Le territoire possède également un important potentiel touristique. Les lacs Isli et Tislit en sont les symboles les plus connus. Ils figurent au programme des visites de terrain.
Mais l’enjeu ne consiste pas seulement à attirer davantage de visiteurs.
Il s’agit de faire profiter le territoire de cette activité. Habitants, guides locaux, coopératives, producteurs, hébergements ruraux et jeunes entrepreneurs peuvent tous y trouver des opportunités.
L’écotourisme peut devenir ainsi un levier de développement, à condition de préserver les ressources qui font précisément l’attractivité de la région.
Des jeunes au cœur de l’équation
La question de la jeunesse est étroitement liée à celle de la migration. Lorsqu’un territoire offre peu de perspectives, partir peut devenir une nécessité. Le développement local cherche au contraire à créer des possibilités sur place.
Pendant longtemps, la relation entre diaspora et territoire d’origine a surtout été associée aux transferts financiers. Ils restent importants. Mais ils ne résument pas l’apport des MRE.
La diaspora dispose aussi d’un capital humain : compétences professionnelles, expérience internationale, réseaux et connaissance de nouveaux marchés. Le défi consiste désormais à mieux faire circuler ces ressources entre les pays d’accueil et les territoires d’origine.
Un pont entre le Maroc et les pays d’accueil
Le Festival des Marocains du Monde est aussi un espace de rencontre. L’édition 2026 prévoit des échanges entre experts, élus, associatifs et membres de la diaspora autour du développement local, de l’ESS, de l’entrepreneuriat et du financement des projets ruraux.
Le festival crée ainsi un dialogue entre les besoins d’un territoire et les compétences de ceux qui en sont originaires.
À Imilchil, partir ne signifie pas rompre avec son territoire. Les MRE peuvent y revenir autrement : avec leurs compétences, leurs réseaux et leurs projets. Reste à transformer ce lien à distance en une véritable force pour le territoire.
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