Blocus des lycées : mouvement généralisé et violences condamnées

Des élèves participent au blocage du lycée international Montebello, à Lille, le 29 septembre 2026. © Sameer AL-DOUMY / AFP
Hier (28 septembre), le mouvement de blocus des lycées s’est étendu. Outre la passe d’armes politique habituelle, le monde de l’éducation attend des réponses concrètes.
En bref
- 180 établissements ont été concernés par le mouvement lundi 28 septembre.
- 164 personnes ont été interpellées.
- Une douzaine de lycéens ont été blessés, ainsi que huit personnels de l’Education nationale et douze membres des forces de l’ordre.
- Les lycéens dénoncent notamment le manque de professeurs et de personnels et les classes surchargées.
- L’USL appelle à poursuivre les blocages mardi 29 septembre.
En marge des blocages des lycées, 164 interpellations ont eu lieu hier, selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur. Le mouvement de blocus des lycées a touché, hier, 180 établissements.
La contestation a commencé la semaine dernière (21 septembre) au lycée Saint-Exupéry de Créteil (94), où plusieurs postes d’enseignants étaient vacants. Louis Boyard, député LFI du Val-de-Marne, s’y était déplacé pour soutenir le mouvement et appeler à « l’étendre ». Hier, l’amplification des blocus a donné lieu à quelques échauffourées.
Dans un message publié sur X, Sébastien Lecornu dénonçait les « tirs de mortiers, incendies, violences aux abords des lycées » et estimait que les appels de LFI à étendre le mouvement constituaient une « surenchère irresponsable ».
Dégradations et violences
« Le gouvernement Lecornu a ordonné la répression. Cette férocité est irresponsable avec un arrière-goût raciste évident », clamait, hier sur X, le candidat LFI à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, en réponse au Premier ministre.
164 interpellations, une douzaine de lycéens blessés ainsi que huit membres de l’éducation nationale et douze membres des forces de l’ordre.
À Saint-Ouen-l’Aumône (95), une vidéo montre un policier tirant à bout portant sur un lycéen à l’aide d’un lance-projectile. Une enquête de l’IGPN a été ouverte.
De leur côté, les rectorats de Créteil et Versailles réagissaient sobrement : « Ces mobilisations ont pu donner lieu à des attroupements, à des mouvements de foule ainsi qu’à des dégradations matérielles de manière très occasionnelle et à l’usage d’artifices ».
Manque de moyens
« Manque de professeurs et de personnels, lycées délabrés, emplois du temps et classes surchargées, stress engendré par Parcoursup (…) Constatant que les autres actions lycéennes, telles que les pétitions ou les manifestations, ne suscitent aucune réponse de la part de nos responsables politiques, nous appelons au blocage des lycées ce mardi 29 septembre », annonçait l’Union Syndicale Lycéenne (USL) dans un communiqué (26 septembre).
Hier, le syndicat des enseignants du secondaire, SNES FSU, apportait son soutien au mouvement : « leurs revendications sont légitimes (…) d’autant plus qu’elles confirment l’état catastrophique de l’Éducation nationale à ce jour, comme nous l’avons souvent dénoncé ».
Par ailleurs, le SNES a condamné les interventions policières « violentes » tout en mettant le gouvernement face à ses contradictions : « On attend de l’Éducation nationale qu’elle forme des citoyennes et des citoyens dans les salles de classe, mais on les empêche ensuite d’exercer leur conscience citoyenne à l’extérieur des lycées ? ».
