Cinéma.« La traversée » : la parole d’entre deux rives

« La traversée », un film de la réalisatrice Elisabeth Leuvrey. Projection : Samedi 2 mars 2019, à 15h, à la Bibliothèque de la Goutte d’or (Paris).

Entre la France et l’Algérie. Entre deux rives. C’est là, sur le bateau, que la réalisatrice Elisabeth Leuvrey a posé sa caméra pour capter une parole inattendue.

En transit

« Pour la moitié des Français d'origine algérienne qui vont en Algérie. Ou des Européens. Et de l'autre coté, des Algériens d'Algérie qui vont en France », explique Elisabeth Leuvrey à propos de son film documentaire « La traversée ».

Ce film sera projeté samedi prochain (2 mars) à la bibliothèque de la Goutte d’or (Paris). Les spectateurs découvriront une parole rare, une parole peu commune que seul ce voyage sur la mer, entre deux rives peut révéler selon la réalisatrice :

« En France ou en Algérie, il y a tout un conditionnement social, culturel, politique, familial... le moment du bateau est à part. Et on est tous dans le même bateau. Quelles soient les origines sociales, territoriales, les gens sont tous égaux face à l'horizon ».

Héritage

Arrivée en Algérie du temps de la colonisation, la famille d’Elisabeth Leuvrey a fait le choix d’y rester après l’indépendance. Née à Alger après l’indépendance et ayant grandi dans ce pays, la réalisatrice embrasse ses deux cultures :

« J'ai grandi dans un environnement où la France et l'Algérie étaient sans arrêt mêlées. Après la décennie noire j'ai eu envie de retourner à Alger qui est ma ville natale. Pour y aller, j'ai renoncé à prendre l'avion, je l'ai fait une fois, j'ai trouvé ça trop brutal. Après c'était une succession de voyages en bateau ». L’idée de filmer ce moment particulier de la traversée s’est presque imposée d'elle-même.

Parler

Dans le documentaire, Algériens d’Algérie et Français d’origine algérienne, se croisent, discutent, sans aucune indication sur « qui est qui ». Le spectateur est en immersion, embarqué sur la Méditerranée le temps du film : « J'ai pris le parti de ne jamais voir ni la France, ni l'Algérie. Et ça crée quelque chose de très symbolique ».

Après un grand parcours en festival et une diffusion sur Arte en 2008, Elisabeth Leuvrey travaille un format pour une sortie en salle (2013) afin de toucher un plus large public.

Réactions

Depuis 2013, au cours des différentes projections suivies d’un débat, le film agit comme un révélateur : « c'est comme un baromètre, une prise de température du contexte social en France. A chaque fois des réactions très liées à ce que la société française traverse comme crise sociale » explique Elisabeth Leuvrey.

La religion, la question du voile (une ou deux personnes voilées apparaissent dans le film) sont des questions qui émergent à certains moments, parfois pas du tout. Des réactions liées à l’actualité immédiate : « Les débats et discussions permettent aux gens de parler de tout ce qui les rend anxieux, de toutes les questions que posent les discours politiques qui jouent beaucoup sur des fractures à l'intérieur de la société et c'est malheureux parce que ça fonctionne ».

La projection du film aura lieu samedi 2 mars à 15h, à la Bibliothèque de la Goutte d’or (Paris).

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