50 ème jour de grève de la faim pour Khader Adnan, un prisonnier palestinien

 50 ème jour de grève de la faim pour Khader Adnan, un prisonnier palestinien

Manifestation des familles des prisonniers israéliens à Gaza. Sur l’affiche


 


L'histoire est entrée dans le livre d'or de la résistance palestinienne à l'occupation israélienne. En février 2012, Khader Adnan, un boulanger de Jénine, emprisonné en Israël, avait fait plier ses geôliers au prix d'une grève de la faim de 66 jours. L'histoire se répète aujourd'hui. Le 8 juillet 2014, l'armée israélienne d'occupation a débarqué chez lui. 


 


Condamné à six mois en prison sans accusations ni procès – et incarcéré en « détention administrative », (une peine qui a été renouvelée depuis), Khader Adnan a entamé une grève de la faim depuis le 7 mai 2015.  La détention administrative est une procédure d'exception, qui autorise les autorités israéliennes à incarcérer la moindre personne sans prononcer d'inculpation et renouvelable indéfiniment



La semaine dernière, la famille de Khader Adnan a envoyé une lettre à la responsable de la politique étrangère de l’Union européenne, Federica Mogherini, lui demandant de faire pression sur Israël pour sa libération. En vain. A ce jour, Federica Mogherini n'a pas réagi à cette demande. 



Le Centre palestinien pour les droits de l’Homme (PCHR) a également invité « la communauté internationale à faire pression sur les forces israéliennes pour la libération immédiate d’Adnan, qui est sous le régime de la détention administrative, sans charges ni procès. » « Après la détérioration de son état de santé, Adnan a été récemment transféré à l’hôpital d’Assaf Harofeh en Israël, tout en étant menotté à son lit toute la journée, » a indiqué le PCHR.



Selon l'avocat de l’Organisation des prisonniers palestiniens qui a récemment rendu visite à Khader Adnan, le prisonnier aurait perdu « beaucoup de poids » et « souffrait de sérieux symptômes supplémentaires ». « Plus ils (les Israéliens) me torturent, plus fort et plus déterminé je suis », aurait déclaré Adnan à l'avocat.


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.