Blocus des lycées : le Défenseur des droits se saisit de la blessure d’un lycéen au visage

Des lycéens mobilisés lors d’un blocus, à Paris, le 2 octobre 2026, dans le cadre du mouvement qui s’étend dans plusieurs villes françaises. © Ed JONES / AFP
Après la blessure d’un lycéen au visage, causée par un tir de grenade à bout portant, le Défenseur des droits s’est saisi de l’affaire.
En bref
- Le Défenseur des droits s’est saisi de l’affaire le 1er octobre.
- Un lycéen de 14 ans a été blessé au visage lors d’un blocus à Saint-Ouen-l’Aumône.
- Son avocate Elsa Marcel évoque une double fracture de la mâchoire et de nombreuses dents cassées.
- Une enquête de l’IGPN porte sur les violences présumées commises par un agent avec usage d’une arme.
- Une autre procédure concerne les violences reprochées au lycéen envers une fonctionnaire de police.
« Double fracture de la mâchoire, toutes les dents cassées en haut et un bon nombre de dents cassées en bas » pour le lycéen, selon la déclaration de son avocate, Elsa Marcel. En outre, cette dernière précisait qu’il devait subir « une intervention extrêmement lourde ». Lors d’une protestation devant le lycée Château d’Epluches, le 28 septembre à Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise, un policier a utilisé son lance-grenades contre le lycéen, à bout portant. Une scène filmée et relayée sur les réseaux sociaux. Devant la vidéo accablante et l’ampleur des blessures du lycéen, hier (1er octobre), le Défenseur des droits s’est saisi de l’affaire.
Enquêtes
Cette initiative du Défenseur des droits provoque donc l’ouverture d’une enquête par cette autorité administrative indépendante. Par ailleurs, hier soir, Guirec Le Bras, procureur de Pontoise confirmait que les investigations se poursuivaient. Une enquête a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour des faits de violences par personne dépositaire de l’autorité publique avec usage d’une arme. Une autre concernant le coup porté par le lycéen sur une personne dépositaire de l’autorité publique.
Versions
Le 29 septembre, le parquet de Pontoise livrait quelques éléments de l’enquête : « Un lycéen venait au contact d’une fonctionnaire de police (…) selon des premiers éléments recueillis et résultant de l’exploitation d’images, le mineur portait des coups à cette fonctionnaire qui le repoussait (…) Le mineur tombait à terre et un second policier présent faisait usage de son lanceur dit “Cougar” et tirait sur le lycéen qui recevait un projectile au niveau du visage ». Selon des propos rapportés par Ouest France (29 septembre), une enseignante, témoin direct de la scène, relatait une version quelque peu différente. Cette dernière expliquait que le lycéen filmait l’intervention des policiers avec son téléphone. « Un policier l’aurait attrapé, puis frappé. Le garçon aurait répliqué et il aurait alors été atteint par un tir de lance-grenade ».
Vidéo virale
Une partie de la scène a été filmée et a très largement été diffusée sur les réseaux sociaux. Dans cette vidéo, un jeune homme prend plusieurs coups de la part des agents. Le lycéen réplique d’un coup de pied, avant de recevoir un tir de lance-grenades dans la mâchoire et de s’écrouler. Cette utilisation de ce type de lance-grenades, dit « Cougar », pose question. Cet appareil est conçu pour tirer des grenades en cloche, idéalement avec une inclinaison de 45 degrés, et non en tir tendu aussi proche d’une personne.
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Vos questions sur le lycéen blessé à Saint-Ouen-l’Aumône
Pourquoi le Défenseur des droits s’est-il saisi de l’affaire ?
L’institution s’est saisie après la blessure d’un mineur lors du mouvement de blocage des lycéens. Cette autosaisine entraîne l’ouverture d’une enquête.
Où les faits se sont-ils produits ?
Les faits se sont déroulés devant le lycée professionnel Château d’Épluches, à Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise, le 28 septembre.
Que disent les premiers éléments de l’enquête ?
Le parquet de Pontoise indique, sur la base notamment de l’exploitation d’images, que le lycéen avait porté des coups à une fonctionnaire de police avant qu’un second policier ne tire avec un lanceur de type « Cougar ».
Que dit l’avocate du lycéen ?
Elsa Marcel affirme que son client souffre notamment d’une double fracture de la mâchoire et de nombreuses dents cassées et qu’il devait subir une intervention très lourde.
Quelles enquêtes sont en cours ?
L’IGPN enquête sur les faits impliquant l’usage d’une arme par un policier. Une autre enquête concerne les violences qui auraient été commises par le lycéen contre une fonctionnaire de police.
