Editos.Morrocan Bashing

crédit photo : Fadel Senna / AFP

Dans le Top 10 du classement des grandes agglomérations les plus dangereuses pour les femmes publié par la Fondation Thomson Reuters, Le Caire arrive en première position suivi de Kinshasa et Karachi mais on ne voit nulle part Casablanca. Pourtant, au vu de tout ce qui a été débité par les médias, en commentaires de la vidéo où apparaissent quelques adolescents hilares en train de harceler sexuellement une jeune fille dans un bus, on s’attendait à ce que ces honorables experts sur les questions féminines de la Fondation Thomson Reuters soient prompts à épingler “une mégapole où l’on agresse des femmes de façon aussi éhontée”.

Le buzz artificiel prend vite une allure de vérité

Dans le Royaume, harceleurs et autres violeurs ne sont ni plus, ni moins nombreux que dans d’autres pays de la Méditerranée mais on trouvera toujours de doctes personnages prêts à jurer que les rues sont devenues infréquentables et que les femmes sont terrorisées au point de se terrer chez elles. La réalité est beaucoup plus simple, dans un pays où une poignée d’activistes se relaient nuit et jour pour monter en épingle le moindre incident. Le buzz artificiel créé et amplifié par des réseaux sociaux à l’objectivité douteuse prend vite l’allure de vérité scientifique. Ce sont aussi les mêmes “héros” des libertés individuelles qui dénoncent l’homophobie patente chez les Marocains, leur intolérance religieuse, l’incivisme ambiant et d’autres phénomènes sociaux tels que le mariage des mineurs bien qu’une loi en interdise formellement la pratique.

Alors qu’en France, on vient de le voir avec l’affaire de la petite Sarah, tout juste âgée de 11 ans, la loi ne protège pas suffisamment les mineurs. Elle ne fixe pas d’âge de discernement et laisse au parquet le soin d’apprécier si le mineur de plus de 5 ans était en état de consentir à la relation sexuelle en cause et de juger l’agresseur pour viol ou atteinte sexuelle. C’est dire la mauvaise foi de ces modernistes de salon qui passent leur temps à se complaire dans un complexe d’infériorité qui les fait se pâmer d’aise dès que le Morrocan bashing est pratiqué à grande échelle, applaudissant à la couverture douteuse d’un hebdomadaire connu pour son objectivité à géométrie variable et qui fait de tous les Marocains de potentiels terroristes. Quelques milliers de radicaux dont la plupart sont nés ailleurs qu’au Royaume sont devenus pour nos preux journalistes, la preuve vivante que le gène du “ terrorisme” circule dans les veines de tout Marocain.

La haine pour tout ce qui touche à la tradition

En fait, les élites de ce pays “honte du Maroc” et ne manquent jamais une occasion de le critiquer. Cela vaut pour une grande partie du patronat biberonné aux grandes écoles anglo-saxonnes, les hauts fonctionnaires et aussi pour la plupart des journalistes. Il suffit de voir la jouissance avec laquelle les médias se précipitent sur les mauvaises nouvelles du Royaume pour faire écho.

Pour ces libertaires, qui souffrent encore du complexe du colonisé bien que la France ait quitté ce pays depuis bien longtemps, le Marocain lambda est l’homme à abattre. Du moins symboliquement. Derrière le Morrocan bashing, il y a bien souvent l’attrait pour un mode de vie libéral et la haine pour tout ce qui touche à la tradition et en premier lieu l’Islam. Ces “missionnaires ” (issus des écoles de la mission française sur les bancs desquels, je l’avoue, j’ai aussi usé mes fonds de culotte) qui piaffent d’impatience de ne pas atteindre une parfaite hégémonie idéologique rêvent toujours d’imposer le modèle occidental, un way of life si hédoniste qu’il irait au-delà du slogan soixante-huitard “il est interdit d’interdire”. Un pur fantasme. 

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