Elisabeth Borne : la Russie « devra répondre » de « violations barbares des lois de la guerre »

 Elisabeth Borne : la Russie « devra répondre » de « violations barbares des lois de la guerre »

La Première ministre, Elisabeth Borne, face au Sénat, le 26 octobre 2022 (crédit photo Public Senat)

La Première ministre, Elisabeth Borne n’a pas mâché ses mots hier au Sénat. Elle a déclaré que la Russie « devra répondre » de « violations barbares des lois de la guerre ». Elle réitère ainsi les accusations contre Moscou de crimes de guerre qui seraient jugées devant la Cour Pénale Internationale.

Le Sénat a plutôt l’habitude d’échanges feutrés. Pour le débat sur la Guerre en Ukraine et ses conséquences, le langage diplomatique a été mis de côté. Ainsi la Première ministre indique que « là où l’armée ukrainienne progresse, la libération s’accompagne de la découverte de massacres ou de charniers, comme à Boutcha au printemps et plus récemment à Izioum. Ce sont des actes choquants, révoltants, monstrueux. »

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« Ne croyons pas que la fin des combats est proche »

La Première ministre est revenu aussi sur les propos « invraisemblables » du ministre de la défense russe. En effet, dans un discours, il avait évoqué la préparation par les ukrainiens d’une « bombe sale« . Pour la Première ministre, « ce n’est rien d’autre qu’un mensonge supplémentaire de Moscou pour légitimer l’escalade. » Enfin, elle a rajouté que la France continuera à livrer des armes aux Ukrainiens, notamment « des systèmes antiaériens comme le Crotale. »

Sur la résolution du conflit, Elisabeth Borne a déclaré : « Ne croyons pas un instant que la fin des combats soit proche. Ce n’est pas sur un champ de bataille mais autour d’une table de négociation que nous trouverons une issue à cette guerre. » Elle a rajouté que « seule la diplomatie permettra de trouver une sortie durable à ce conflit, raison pour laquelle nous maintenons des canaux d’échange avec la Russie. »

Une position qui fait débat

Le président de la commission des Affaires Etrangères, Christian Cambon a affirmé à la tribune que « nous avons été aveugles aux signaux de l’ambition russe ces 20 dernières années. Le 24 février fut un réveil brutal, mais certains, en France même, ne sont-ils pas encore plongés dans ce sommeil stratégique ?« . Le sénateur communiste de Paris, Pierre Laurent salue le discours du Président et la « perspective » d’avoir « le courage ne pas abandonner l’exigence d’un cessez-le feu le plus rapide possible sur le front. Est-ce céder aux Russes ? Bien sûr que non. C’est faire que la voix de la diplomatie ne s’éteigne pas. »

Pour les indépendants et leur président de groupe, Claude Malhuret ne partage pas l’avis de Pierre Laurent. Ainsi, il a déclaré que « le seul coté positif de la guerre en Ukraine, c’est qu’elle nous ouvre les yeux : l’international des tyrans se reforme pour mettre à bas la démocratie. » Il a rajouté que « la volonté répétée de ne pas humilier la Russie, les tentatives de dialogue et les demandes de négociations risquent de brouiller notre engagement. Toute tentative de négociation avant le retrait total des troupes russes aboutirait à un nouveau conflit gelé. La seule façon d’apporter la paix, c’est la victoire de l’Ukraine et la défaite de Poutine.« 

Yassir GUELZIM

Journaliste Print et web au Courrier de l'Atlas depuis 2017. Ancien de RFI, LCI, France Inter. Producteur et réalisateur (Arte Reportage, France24, France tv).