Israël: Chasse aux sorcières du gouvernement contre les ONG pro-palestiniennes

 Israël: Chasse aux sorcières du gouvernement contre les ONG pro-palestiniennes


En Israël, la chasse aux sorcières contre des ONG de gauche a commencé ! Présentée par la ministre de la Justice d'extrême droite Ayelet Shaked, la loi dite de « transparence », votée dans la nuit de lundi à mardi (12 juillet) par la Knesset, le Parlement israélien, elle obligera les ONG à préciser l'origine de leurs donations si plus de la moitié provient d'États autres qu'Israël. Une amende est prévue pour ceux qui ne respecteraient pas cette loi. En cas de refus, elles s’exposeront à une amende de 29 000 shekels (6 700 euros).


Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a défendu la loi, la jugeant « démocratique et nécessaire ». « Nous avons approuvé ce soir la « Loi ONG ». «Le but de cette loi est d'empêcher une situation absurde dans laquelle des pays étrangers interfèrent dans les affaires intérieures d'Israël via un financement d’ONG et sans que le public israélien n’en soit averti. Contrairement à ce que pense la gauche, l'approbation de la loi accroîtra la transparence, permettra de créer un réel débat qui reflètera clairement l'opinion publique en Israël et renforcera également la démocratie », a déclaré le chef du gouvernement israélien. « J'espère que les pays […] tenteront d'influencer Israël par la voie diplomatique, et pas en finançant à hauteur de millions de dollars ou d'euros des ONG, qui essaient habituellement de promouvoir leurs opinions », a expliqué Ayelet Shaked.


Mais nombreux sont ceux en Israël qui ne voient pas la mesure d'un bon œil et la considèrent comme une attaque du gouvernement de droite contre les groupes de défense des droits de l'Homme. Les États-Unis et l'Union européenne se sont inquiétés publiquement de ce texte, qui a été adopté en troisième lecture par 57 voix contre 48 lors d'une séance parlementaire houleuse. Ses opposants jugent la loi discriminatoire car la plupart des groupes qui reçoivent des fonds d'autres pays ou de l'UE sont des associations opposées à la politique du gouvernement à l'égard des Palestiniens. « La loi sur les ONG (…) illustre, plus que toute autre chose, le fascisme naissant qui s'insinue dans la société israélienne », a déclaré à des journalistes le chef de l'opposition Isaac Herzog, du parti de centre gauche de l'Union sioniste, quelques heures avant le vote.




« C'est une loi dont le seul but est de réduire au silence et de marquer ceux qui osent faire entendre des critiques à l'égard du gouvernement ou contre les colonies », déclare dans un communiqué le groupe Israel Peace Now. D'ailleurs, les fonds privés en provenance de l'étranger, et notamment l'argent reçu par les organisations israéliennes qui soutiennent les colonies de peuplement établies sur des territoires palestiniens, ne sont pas visés par la loi.

Sur plus de 30.000 associations enregistrées en Israël, la moitié est en activité. Environ 70 d'entre elles sont spécialisées dans le conflit israélo-palestinien et reçoivent des fonds de l'Union européenne ou de pays comme le Danemark, la Suède, la Belgique ou la Norvège.


 


Nadir Dendoune

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