Gaza : cessez-le-feu fragile, blocus solide

 Gaza : cessez-le-feu fragile, blocus solide

Une flottille humanitaire en route vers Gaza quitte symboliquement Barcelone, le 12 avril 2026, avant un départ reporté en raison des conditions météorologiques. ©Josep LAGO / AFP

Malgré le cessez-le-feu, entre bombardements et blocus humanitaire, la situation dans la bande de Gaza reste très difficile pour la population.

 

Le 10 octobre dernier, un cessez-le-feu entrait en vigueur à Gaza. Six mois plus tard, la situation des Gazaouis reste précaire. « Même si les violences ont baissé en intensité, les attaques israéliennes se poursuivent et la situation reste catastrophique.

Les besoins de la population sont immenses, mais les autorités israéliennes continuent de restreindre systématiquement l’entrée de l’aide humanitaire », indiquait (10 avril) Claire San Filippo, responsable des urgences pour Médecins Sans Frontières (MSF). Selon les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, entre le 10 octobre 2025 et le 8 avril dernier, au moins 733 personnes ont été tuées et 1 913 blessées.

 

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Aide humanitaire empêchée

Suite au non-renouvellement de leur enregistrement en Palestine, 37 organisations humanitaires avaient jusqu’au 1er mars pour cesser leurs opérations à Gaza et en Cisjordanie. Si certaines d’entre elles sont encore présentes dans la bande de Gaza, leur action est largement entravée.

Ainsi, MSF déplorait le fait que, depuis le début de l’année 2026, les autorités israéliennes empêchaient d’acheminer « tout matériel médical et humanitaire à Gaza ». L’ONG précise être confrontée à des pénuries de matériel médical et à des ruptures de stocks de médicaments.

Par ailleurs, la semaine dernière, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) annonçait que, à la suite du décès d’un de ses collaborateurs à cause d’un « incident de sécurité », elle suspendait, jusqu’à nouvel ordre, l’évacuation médicale des patients de Gaza vers l’Égypte via Rafah. Selon l’OMS, plus de 18 500 personnes à Gaza figurent toujours sur la liste des évacuations médicales, dont 4 000 enfants.

 

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Briser le blocus

Dans ce contexte, des initiatives de la société civile tentent de briser le blocus imposé à la bande de Gaza. La Flottille globale Sumud, flottille de militants visant à apporter de l’aide humanitaire à Gaza et à briser le blocus israélien, devait lancer une nouvelle mission depuis Barcelone, dimanche 12 avril.

Les organisateurs ont repoussé leur départ en raison des conditions météorologiques. En octobre dernier, une première mission avait été interceptée par Israël, au large des côtes de l’Égypte et de la bande de Gaza.

La Flottille Global Sumud avait alors dénoncé une « attaque illégale », tandis que le ministère israélien des Affaires étrangères affirmait avoir contacté préalablement la flottille pour lui demander de changer de cap afin de ne pas violer « le blocus maritime légal de la bande de Gaza ».

 

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