17 octobre 1961 : une trentaine de maires appellent à la reconnaissance du massacre

Some of between 20,000 and 30,000 pro-Front de Liberation Nationale (FLN) Algerians stage a demonstration on October 17, 1961 in Paris. Later French police, under orders from the head of the Parisian police, Maurice Papon, attacked the illegal but peaceful demonstration. After 37 years of denial, the French government acknowledged 40 deaths in 1998, although there are estimates of over 200. More than ten thousand Algerians were subsequently arrested and detained in various pre-planned locations (the Palais des Sports, the Parc des Expositions, the Stade Coubertin, the Centre d’Identification at Vincennes) for nearly four days.Des Algériens défilent Manifestation d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961, violemment réprimée par la police française. © AFP
Bilan inconnu, Des édiles, principalement d’Île-de-France, ont signé un texte commun pour réclamer la reconnaissance du massacre du 17 octobre 1961.
En bref
- Une trentaine de maires demandent la reconnaissance du massacre du 17 octobre 1961 comme un crime d’État.
- Les signataires sont principalement issus d’Île-de-France, notamment de Seine-Saint-Denis.
- Ils réclament un accès accru aux archives relatives à la répression et à la guerre d’Algérie.
- Le bilan humain de la répression demeure controversé parmi les historiens et les sources historiques.
- Les élus demandent l’inscription du 17 octobre au calendrier officiel des journées nationales.
Pour eux, reconnaître le « massacre » du 17 octobre 1961, « ce n’est pas raviver les blessures du passé. C’est regarder notre histoire en face. C’est rendre justice à celles et ceux qui ont été victimes de cette répression ».
À la veille de la commémoration des 65 ans de cet événement tragique, une trentaine de maires ont signé un texte pour réclamer « la reconnaissance pleine et entière du massacre du 17 octobre 1961 comme un crime d’État, au regard de la responsabilité des autorités publiques dans l’organisation et la conduite de cette répression ».
Principalement issus de la région parisienne, et particulièrement de Seine-Saint-Denis, les signataires demandent « la poursuite de l’ouverture et de l’accès aux archives relatives au 17 octobre 1961 et, plus largement, à la guerre d’Algérie ».
Bilan inconnu
Le 17 octobre 1961, suite à un appel de la branche locale du Front de libération nationale (FLN), des milliers d’Algériens décidaient de braver l’interdiction décrétée par le préfet de police, Maurice Papon. Ils voulaient manifester pacifiquement, à Paris, afin de contester le couvre-feu jugé « discriminatoire » décidé à leur encontre. La réponse de la police française fut extrêmement violente.
Jusqu’à aujourd’hui, nul ne s’accorde sur le bilan exact du nombre de morts. Selon le Rapport sur les archives de la Préfecture de police relatives à la manifestation organisée par le FLN le 17 octobre 1961, de Dieudonné Mandelkern (1998), des fichiers du cabinet du préfet de police font état de sept morts.
Selon des archives déclassifiées révélées par Mediapart en 2022, une note d’un haut fonctionnaire conseiller de Charles de Gaulle datée du 28 octobre 1961 faisait état de 54 morts. Pour l’historien Jean-Paul Brunet, il y aurait eu entre 30 et 50 morts.
Selon un autre historien, Jean-Luc Einaudi, le bilan monterait à près de 300 victimes.
Mémoire et vérité
Dans un message publié sur X (15 octobre), Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, réaffirmait sa volonté de voir ce crime reconnu : « Il y a bientôt 65 ans, des centaines d’Algériennes et d’Algériens étaient tués par la police de Papon pour avoir manifesté pacifiquement (…) J’ai signé l’appel des maires : ce crime d’État doit être reconnu comme tel ».
En 2012, François Hollande, alors président de la République, effectuait un premier pas et reconnaissait « une répression sanglante du 17 octobre 1961 ». En 2021, Emmanuel Macron évoquait des crimes « inexcusables pour la République ».
Ce que les maires signataires réclament aujourd’hui, c’est « l’inscription du 17 octobre au calendrier officiel des journées nationales et cérémonies officielles, afin que la République rende chaque année hommage aux victimes de cette répression ».
