Méditerranée : l’OIM déplore un record du nombre de migrants morts en ce début 2026

 Méditerranée : l’OIM déplore un record du nombre de migrants morts en ce début 2026

Des migrants débarquent d’un bateau dans le port de Kali Limenes, à Héraklion, dans le sud de la Crète, le 21 février 2026. Les corps de trois migrants ont été repêchés au large de l’île grecque de Crète lors d’une opération de sauvetage menée par un navire commercial, ont indiqué les autorités le 20 février 2026. (Photo de Costas METAXAKIS / AFP)

L’Organisation internationale des migrations (OIM) dévoilait hier (23 février) les chiffres du nombre de morts ou disparus en méditerranée. Un début d’année 2026 record et inquiétant.

« Au moins 606 migrants ont déjà été signalés morts ou portés disparus en traversant la Méditerranée », en ce début d’année 2026, selon le décompte tenu par l’Organisation internationale des migrations (OIM).

Selon cette dernière, « il s’agit du début d’année le plus meurtrier en Méditerranée depuis que l’OIM a commencé à recueillir ces données en 2014 ».

La route migratoire passant par la Libye, pour entrer dans l’Union européenne par la Crête, est très empruntée depuis plus d’un an. Cependant, cette traversée est également très dangereuse.

Un porte-parole de l’OIM portait l’attention sur un nouveau naufrage de bateau de migrants, au large de la Crête samedi (21 février). « Au moins 30 migrants sont présumés portés disparus ou morts après le chavirement de leur embarcation par mauvais temps », déplorait l’organisation.

Estimations

Si ce chiffre du nombre de morts pour le début de l’année 2026 est déjà alarmant, l’OIM rappelle que « ces chiffres ne reflètent que les incidents qui peuvent être vérifiés et représentent donc une estimation minimale, et non le nombre total de décès et de disparitions survenus au cours de la migration ».

Pour ces estimations, l’organisation s’appuie principalement sur son outil mis en place en 2014 : Missing Migrants Project.

Ce site internet se base sur les données des différentes autorités nationales (ministère, police…) en Europe ou en Afrique, mais également sur les informations des différents bureaux de l’organisation, des ONG ou encore de survivants.

« Les incidents ne sont enregistrés que lorsqu’il existe des informations suffisantes indiquant que des personnes ont effectivement perdu la vie », précisait un porte-parole de l’organisation.

Recherche et sauvetage

L’OIM recommande le renforcement des « opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale pour sauver des vies et garantir un débarquement en lieu sûr », ainsi qu’une « coopération régionale accrue ».

Le 13 novembre, Médecins sans frontières (MSF) annonçait la reprise de ses opérations de sauvetage. L’ONG a désormais un bateau à la capacité adaptée aux contraintes imposées, notamment par les autorités italiennes.

« La décision de MSF de déployer un navire plus petit et plus rapide est une réponse aux lois et pratiques d’obstruction imposées par le gouvernement italien, qui visent spécifiquement les navires de sauvetage humanitaire », expliquait Juan Matias Gil, représentant SAR (recherche et sauvetage) de MSF.

Parmi les lois italiennes restrictives, le décret Piantedosi qui force les navires à débarquer les personnes migrantes rescapées dans les ports indiqués par les autorités italiennes après le premier sauvetage.

 

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