Politique. L’UDMF se lance pour les municipales en réfutant son caractère communautariste

« Agir pour ne plus subir » : l’Union des démocrates musulmans français (UDMF) a lancé dimanche à Clichy (Hauts-de-Seine) sa campagne électorale pour les municipales de mars, où ce micro-parti « laïc » espère présenter une cinquantaine de listes. L’annonce intervient quelques semaines après le dépôt d’une proposition de loi visant à interdire les « listes communautaristes ».

« Le musulman endosse tous les maux, il est servi en pâture à chaque enjeu électoral majeur. La réponse ne doit pas être religieuse ni communautaire, elle doit être politique », a déclaré le président de l’UDMF Nagib Azergui, devant environ 80 personnes. Debout sur l’estrade devant les drapeaux français et européen, il a rappelé le récent « acharnement de certains leaders politiques à vouloir exclure nos listes du prochain scrutin ».

L’UDMF, « musulman, démocrate, laïc et français », veut « combattre le rejet, la discrimination » face aux « discours sectaires », à « ceux qui rêvent d’une France repliée sur elle-même » et qui « n’ont pas compris la richesse de la diversité et de la pluralité », a-t-il ajouté.

Plusieurs figures à droite ont réclamé ces dernières semaines l’interdiction de listes « communautaristes » aux municipales. Le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau a déposé le 8 novembre une proposition de loi en ce sens, après une nouvelle polémique autour du port du voile. Emmanuel Macron s’est lui prononcé contre une telle interdiction.

Pas beaucoup de « barbus terroristes » dans les rangs

« L’UDMF n’est pas et ne sera jamais un parti confessionnel ni réservé aux musulmans. Nous ne sommes pas des muftis, la sphère religieuse n’est pas notre terrain », a martelé M. Azergui, qui regrette que « l’islamisation des débats » éclipse trop souvent les problèmes de société et l’accroissement des inégalités.

Micro-parti créé en 2012, l’UDMF a recueilli moins de 29 000 voix aux Européennes de mai dernier, avec cependant des pics dans quelques communes en région parisienne : 7,4 % à Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise), 6,8 % à Mantes-la-Jolie (Yvelines)... À Poissy (Yvelines), un bureau avait recueilli 29,8 % des voix. Mais 1,6 % sur toute la commune.

Pour les municipales de mars, l’UDMF, qui revendique près de 1 000 adhérents, ambitionne selon M. Azergui de présenter une cinquantaine de listes.

Venu en curieux, Abdelmajid, commerçant de 43 ans, est ici « pour voir ce qu’ils ont à dire ». Et ironise en regardant autour de lui dans la salle : « À en croire la télé, il n’y a que des barbus terroristes qui veulent casser la République. J’en vois pas beaucoup ».

Dans le public également, Inès, autoentrepreneuse de 20 ans, trouve « essentiel que les musulmans commencent à se réveiller au niveau politique ». « On veut participer, sans amener nos idées religieuses. Il faut qu’on commence à faire entendre nos voix ».

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