Politique.Les "propres sur eux" de la fachosphère

crédit photo : Matthieu Alexandre/AFP

Une nouvelle génération de militants d’extrême droite avance à découvert. Mais derrière la façade légaliste et patriote, le fond, ultra raciste, demeure.

Le 21 avril dernier a été leur moment de gloire. Ce jour-là, des militants de Génération identitaire (GI), née en 2012, se mettaient en scène au col de l’Echelle, dans les Alpes, au cours d’une opération visant à “stopper les migrants” venus d’Italie. Equipés de doudounes bleues et de 4x4 estampillés “Defend Europe”, louant un hélicoptère pour filmer leur action, ces militants agissant à ­visage ­découvert, ont occupé les colonnes des gazettes pendant quelques semaines.

GI : le “Greenpeace de l’identité”

Un succès médiatique validant leur stratégie agressive de communication. Car, à l’inverse des groupuscules ultra­nationalistes, néofascistes et/ou néo­nazis – dont les membres, adeptes de codes et de symboles explicites, prennent soin de dissimuler leurs visages et favorisent les réseaux privés de communication – GI entend investir la sphère publique sans se cacher. Sur son site, où figure une “déclaration de guerre” écrite et filmée, l’organisation se présente comme “la première ligne de résistance” à, entre autres, “un prétendu vivre-ensemble qui vire au cauchemar”.

“Patriotes”, grands défenseurs de la “civilisation” européenne, obsédés pas l’islamisme et le “déferlement” des vagues de migrants, et très liés pour nombre d’entre eux aux franges les plus conservatrices de l’Eglise catholique, les militants de GI se veulent être “la droite de l’action”. Et faire “pour l’identité” ce que “Greenpeace fait pour l’écologie”. Un positionnement radical sur le plan politique, mais légaliste du point de vue de la méthode, qui leur vaut le soutien de nombreux responsables de la droite et de l’extrême droite française (Thierry Mariani, Gilbert Collard...). GI, qui tenait son université d’été début août sur le thème de la Grèce antique, est, de fait, une antichambre du ­Rassemblement national de Marine Le Pen.

Le grand retour de l’Action française

A cette organisation, dont la visibilité médiatique n’a d’égale que la faiblesse des effectifs réels (tout au plus quelques centaines de militants dans toute la France), s’ajoute le retour en grâce, symptomatique de l’état ­politique du pays, d’une vieille formation hexagonale : l’Action française (AF), les royalistes adorateurs de ­l’intellectuel monarchiste, pétainiste et xénophobe Charles Maurras. Moins actifs que GI dans le champ de l’action directe, AF propose en revanche à ses adhérents de nombreuses conférences et autres “cercles de formation”. Bien implantés dans les facultés de droit et venus pour beaucoup de familles aisées, les militants de l’AF, comme ceux de GI, ne manquent ­visiblement pas de moyens financiers.

Adeptes du “stickage” et de l’affichage, ils déploient, eux aussi, un arsenal pointu de communication. Afin d’annoncer des rendez-vous aux intitulés sans équivoque : en mars denier, les militants de Perpignan ont pu assister à une rencontre sur le coup d’Etat. Histoire de réfléchir aux moyens de se débarrasser du régime républicain honni. 

Voir aussi : 

- Quand l'ultradroite rêve de guerre à l'Islam

- Nicolas Lebourg : "La réorganisation autour de l'Islam est fondamentale"

- Pourquoi la fachosphère s'en prend à Médine, Belattar ou Diallo ?

- Au Cœur de la fachosphère

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