Recensement : la question polémique sur l’origine des parents resurgit

This photograph shows the new logo of The National Institute of Statistics and Economic Studies (Institut national de la statistique et des études économiques – INSEE) displayed at the entrance to its headquarters in Montrouge, on the oustskirts of Paris, on September 5, 2025. (Photo by Sebastien DUPUY / AFP)
Le recensement annuel est sur le point de démarrer et la question sur le lieu de naissance des parents nés à l’étranger fait de nouveau partie du questionnaire. Des associations dénoncent une dérive.
Le recensement annuel de la population se déroulera du 15 janvier à la fin mars. Celui-ci comporte un ensemble de questions concernant la situation personnelle, dont le sexe, la date de naissance, la nationalité ou encore la profession.
Or, depuis l’année dernière, une nouvelle question sur le lieu de naissance des parents, s’ils sont étrangers, est venue s’ajouter et crée la polémique. Plusieurs associations, dont la Ligue des droits de l’Homme (LDH), dénoncent cette question :
« Ne répondez pas à la question 7 sur le pays de naissance de vos parents nés à l’étranger (…) Cette question n’est pas obligatoire (…) Nos organisations refusent que, dans le recensement, chacune et chacun d’entre nous soit défini par le lieu de naissance de ses parents. »
Dérive ?
Dès l’apparition, l’année dernière, de cette question sur le lieu de naissance des parents nés à l’étranger, plusieurs associations et syndicats mettaient en garde contre un risque de dérive vers des statistiques ethniques : « l’enregistrement de cette information est un pas vers une possible inégalité de traitement par l’État sur cette base ».
L’an passé, Muriel Barlet, cheffe du département de la démographie à l’Insee, estimait que cette question était nécessaire pour « mettre en évidence des types de ségrégation ou d’inégalités de situation » liées à l’origine des parents.
L’Insee assurait par ailleurs que les données recueillies « ne pourront en aucun cas être utilisées pour prendre des décisions au niveau individuel ». Selon le discours officiel, le recensement annuel doit permettre de mieux répartir les ressources publiques, d’ajuster les politiques publiques et de mieux comprendre les dynamiques sociales.
Inégalités
La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) estimait l’an dernier que la question sur l’origine des parents était « possible dès lors que toutes les précautions méthodologiques ont été prises pour garantir la protection des données ».
« La seule chose supplémentaire qu’apporte la question sur l’origine des parents, c’est une connaissance très fine de la répartition géographique des personnes descendantes de l’immigration, et pas seulement des immigrés eux-mêmes », indiquait Jan Robert Suesser, membre du bureau national de la LDH.
Cette collecte de données pourrait être détournée de son but initial et ouvrir la voie à des inégalités de traitement de la part « d’acteurs qui n’ont rien à voir avec la lutte contre les discriminations ».
Jan Robert Suesser rappelait par ailleurs que la préférence nationale figurait toujours dans le programme du Rassemblement national.
