Société. Paris et Auckland vont lancer un « appel de Christchurch » contre le terrorisme en ligne

La vidéo du terroriste de Christchurch avait fait le tour du Web avant de faire l'objet d'une tentative de blocage par les réseaux sociaux.

Emmanuel Macron et la Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, veulent lancer le 15 mai un « appel de Christchurch » à l’attention des entreprises du numérique pour lutter contre le terrorisme en ligne. Ils réuniront dirigeants et patrons pour agir contre les contenus en ligne à caractère terroriste, a annoncé l'Élysée.

Deux mois après la tuerie ayant fait 50 morts dans deux mosquées de la ville du sud de la Nouvelle-Zélande, cet appel visera à « ce que de nouvelles mesures concrètes soient prises pour que ce qui s'est passé à Christchurch ne se reproduise pas », explique la présidence. Le terroriste australien avait diffusé en direct son assaut sur Facebook. La vidéo est restée en ligne de longues minutes avant de faire l’objet d’un blocage par le réseau social. Le temps d’être partagée et dupliquée des milliers de fois, la rendant encore visible malgré les mesures lancées pour la retirer.

La réunion se tiendra à l'occasion de la deuxième édition de « Tech for good », qu'Emmanuel Macron avait initiée l'an dernier en invitant les grands de la technologie mondiale, comme Mark Zuckerberg (Facebook), à discuter des contributions que la numérisation et l'informatisation peuvent apporter au bien commun.

L’autorégulation plutôt que la censure

La Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, en première ligne depuis l'attentat de Christchurch, s'est mobilisée pour réclamer aux plateformes numériques qu'elles retirent les contenus relevant de l'extrémisme violent. Elle a souligné fin mars que les solutions devaient être trouvées au niveau mondial, car « ces plateformes sont internationales ».

Facebook a annoncé qu'il allait élargir les interdictions de contenus autour de l'auteur de la tuerie et bannir l'apologie du « nationalisme » ou du « séparatisme » blancs.

De leur côté, les autorités sri-lankaises ont décidé de bloquer les réseaux sociaux après la série d'attentats qui ont fait dimanche plus de 320 morts et 500 blessés et ont été revendiqués par l'Organisation État islamique.

Un genre de mesure qui fait peser une lourde menace sur la liberté d’expression et d’information sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Certains gouvernements «agissent vite maintenant lors d'actes de terrorisme pour empêcher les rumeurs et d'éventuelles violences, mais la facilité avec laquelle ils peuvent fermer les plateformes montre aussi combien ils ont de pouvoir et de contrôle sur ces compagnies, et (démontre) le besoin de protéger la presse libre », a estimé Jennifer Grygiel, spécialiste du sujet à l'Université de Syracuse dans l’État de New York.

Rached Cherif

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