Val-d’Oise – Une exposante virée du marché de Noël à cause de son foulard

 Val-d’Oise – Une exposante virée du marché de Noël à cause de son foulard

Zekiye Yildirim


Fin novembre, le maire de Saint-Gratien a expulsé du marché de Noël, organisé par la ville, une exposante de confession musulmane qui portait un voile. L’élu invoque la loi sur la laïcité. La femme, quant à elle, parle d’un dommage moral.


Accompagné d’une sénatrice et d’un adjoint délégué au commerce, Julien Bachard, maire Les Républicains de Saint-Gratien (Val-d’Oise), a demandé le 30 novembre dernier à une exposante de confession musulmane, de quitter le traditionnel marché de fin d’année.


« C’est le service municipal organisateur de l’animation qui m’a contactée et proposé de disposer d’un stand à ce marché de Noël », explique pourtant Zekiye Yildirim, l’exposante expulsée, à Actu.fr ce vendredi 21 décembre. Cette femme, qui porte un foulard, devait vendre des pâtisseries et des confiseries.


« Je suis arrivé à 9 h 30. J’ai eu un bon accueil des membres de l’organisation […] Les clefs du chalet m’ont été remises. J’ai installé et décoré l’espace de vente. J’étais prête à l’ouverture du marché à 15 h […] Tout se passait pour le mieux, jusqu’à 18 h », raconte Zekiye Yildirim.


C’est alors que sont arrivés le maire et sa délégation. Selon elle, le maire adjoint est venu lui dire « qu’il était désolé de me faire savoir que mon foulard ne passait pas. ». Il lui aurait proposé de mettre « un bonnet » ou de se faire remplacer par quelqu’un d’autre.


Le maire Julien Bachard, lui aurait alors demandé de quitter le marché de Noël. « Pour éviter le scandale, j’ai demandé à finir la journée et ne plus revenir le lendemain », explique Zekiye Yildirim. Mais l’élu aurait refusé et exigé qu’elle parte immédiatement, invoquant « une charte qui accompagnait le contrat signé ». L’exposante confie : « Plus que le dommage matériel, il y a d’abord le dommage moral. C’est la première fois que je me retrouve dans une telle situation ».


Le maire de la commune, lui, a expliqué sa position sur Actu.fr. « Une exposante du marché de Noël, organisation municipale, portait un signe distinctif religieux […]. Je suis allé à la rencontre de cette personne pour lui rappeler les règles de neutralité et de laïcité. Je lui ai suggéré d’adopter une tenue plus neutre, mais elle n’a pas souhaité adapter sa tenue, je lui ai donc dit de fermer son stand. »

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.