Traitement des migrants par l’Etat, un maire démissionne

 Traitement des migrants par l’Etat, un maire démissionne

Le maire de Tomblaine, Hervé Féron. (Photo de JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Le maire de Tomblaine (Meurthe-et-Moselle) a démissionné. Il dénonce « l’autoritarisme » des pouvoirs publics.

 

L’édile de gauche de cette commune de 8 000 habitants a regretté une situation « d’impuissance ». Hervé Féron pointe du doigt un « Etat autoritaire et ces élus, qui président des métropoles et qui donnent des pouvoirs à des technocrates qui s’en fichent ».

Il a posé sa démission après la décision de la préfecture de « mettre un regroupement de migrants » dans un endroit « hyper stratégique où l’on a des projets, de la population à côté, 3.000 élèves qui passent tous les jours, un terrain de football… ».

La mairie avait argumenté pour que ces migrants soient placés dans d’autres conditions d’accueil. Des propositions qui n’ont pas été prises en compte par la préfecture.

 

Terrain pas adapté

Par ailleurs, le maire de Tomblaine a dû faire face à une autre problématique, cette fois d’initiative métropolitaine. Il serait question d’installer, « sur un terrain à côté, une ville entière de gens du voyage pendant quatre mois ».

Selon l’élu, le terrain en question n’est pas adapté et que là aussi des projets sont en cours. « Il n’y a pas un soupçon d’intolérance ou de discrimination vis-à-vis des migrants ou des gens du voyage, que nous respectons. Mais ne pas les accueillir dans des conditions dignes, c’est faire en sorte qu’ils vont générer des nuisances », selon Hervé Féron.

 

Plus de moyen d’agir

Sa démission est donc, pour lui, le moyen de « dénoncer » la situation. « Aujourd’hui, il n’y a plus de respect de la fonction du maire. L’Etat baisse nos dotations, nous donne de moins en moins de moyens, les métropoles ont pris à leur compte de nombreux domaines de compétences, donc on n’a plus de moyens d’agir », a déclaré le maire de Tomblaine.

Le président de la métropole du Grand Nancy, Mathieu Klein, a regretté cette démission dans un communiqué.

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Chloé Juhel