Tunisie.Les contours du plan de relance économique se précisent

Au moment où la grogne sociale se fait grandement sentir en Tunisie et où plusieurs corps de métier font pression sur le gouvernement Elyes Fakhfakh, ce dernier a annoncé hier soir les grandes lignes d’un véritable plan Marshall, avec pour objectif d’éviter à tout prix le surendettement et de mobiliser un maximum de ressources propres au pays. 

Le gouvernement serait à pied d’œuvre actuellement pour « réajuster le budget 2020 de l’Etat et mettre en place un plan de sauvetage économique », a d’emblée fait savoir mercredi soir le chef du gouvernement, Elyès Fakhfakh.

Soucieux d’afficher une relative sérénité en cette troisième apparition télévisée en deux mois depuis le début de la crise Covid-19, cet ancien ministre des Finances et du Tourisme est visiblement dans son élément dès lors qu’il s’agit de politique financière, avec toutefois une réputation de centriste libéral qui ne le sert pas forcément auprès des grands syndicats du pays.

Présentant ses vœux de l’Aid El Fitr, Fakhfakh a précisé dans son allocution que le réajustement budgétaire en question sera présenté au Parlement avant la fin du mois de juin prochain. C’est probablement un soulagement pour les députés Ennahdha, absorbés aujourd’hui par la défense de leur chef et président de l’Assemblée Rached Ghannouchi, qui fait l’objet d’une pétition en ligne médiatisée jusque dans les médias étrangers, visant à enquêter sur l’étendue de sa fortune personnelle.

Jusque -7% de croissance au total

Fakhfakh a fait état d’une régression en réalité non pas de -4% mais de 7 points de taux de croissance si l’on considère ce qui était envisagé dans le budget courant, des suites de l’impact de la crise liée à la pandémie Covid-19.

« Cette contraction de l’économie aura un effet considérable sur les équilibres financiers », a expliqué le numéro 1 de l’exécutif qui n’en est qu’à l’entame de son deuxième trimestre d’exercice du pouvoir, soulignant toutefois que son gouvernement n’empruntera pas la voie de l’endettement qui, selon lui, a « déjà atteint des niveaux alarmants ». « Le gouvernement comptera plutôt sur la mobilisation de ses propres ressources tout en maîtrisant les dépenses », espère-t-il, optimiste.

Fakhfakh a par ailleurs dévoilé les priorités de ce plan de relance économique en cours d’élaboration par ses services, précisant qu’elles sont au nombre de sept, dont notamment le règlement des questions en suspens qui entravent les grands projets, le retour à la normale de l’activité dans le bassin minier et les champs pétrolifères, principales mannes énergétiques du pays, ainsi que la sauvegarde des postes d’emploi existants, sans nouveaux recrutements, et la lutte contre l’emploi précaire, surtout dans les PME les plus touchées.

S’agissant du plan quinquennal stratégique élaboré par son gouvernement pour la période 2021-2025, Elyes Fakhfakh s’est engagé à sa mise en place dans un délai ne dépassant pas le début 2021. « Notre ambition est que ce plan marque un tournant dans le modèle de développement et l’avènement d’un nouveau pacte économique et social en Tunisie », a-t-il martelé.

Il a enfin reconnu que de grandes batailles attendent son gouvernement au lendemain de celles liées à la Covid-19 : « Nous les mèneront avec le concours des principaux acteurs et avec l’ensemble des partenaires sociaux, loin des distractions des conflits politiciens, avec une inébranlable volonté de réformer. Cela est à notre portée », a-t-il insisté, volontariste, se félicitant des résultats épidémiologiques plutôt flatteurs récemment enregistrés par ses équipes.

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