Tunisie. Refus de visa : un diplomate français dénonce des fraudes

 Tunisie. Refus de visa : un diplomate français dénonce des fraudes

Dominique Mas, consul de France en Tunisie, est revenu ce weekend sur les motifs des refus de visa opposés à de nombreux demandeurs tunisiens, mettant en cause des pratiques frauduleuses liées à la prise de rendez-vous, mais pas uniquement.

Loin d’un rejet fondé sur le contenu des dossiers, ces refus seraient en réalité selon Mas la conséquence directe de manœuvres techniques orchestrées par certains intermédiaires qui continuent  trop souvent encore de sévir malgré la sensibilisation de la population à ces pratiques ces dernières années.

 

Des rendez-vous pris sans dossiers valides

Le diplomate a en effet rappelé que la procédure officielle est pourtant sans ambiguïté : toute prise de rendez-vous doit obligatoirement être associée à un numéro de dossier France-Visas, reconnaissable à son préfixe « FR ». Or, certaines officines contournent ce système en réservant des créneaux sans disposer de dossiers réels, en utilisant des numéros erronés ou encore de fausses références.

Ces rendez-vous sont ensuite « revendus » ou attribués à des clients réels une fois la date obtenue. Le problème survient au moment du dépôt du dossier : le demandeur présente son véritable numéro France-Visas, qui ne correspond pas à celui utilisé lors de la réservation. Cette incohérence entraîne automatiquement le rejet du dossier, sans examen de fond.

 

Une fraude technique aux conséquences lourdes

Dominique Mas a insisté sur le caractère mécanique de ces refus. Il ne s’agit pas, a-t-il souligné, d’une appréciation consulaire négative, mais bien d’une fraude technique qui pénalise directement les citoyens.

Il a ainsi rappelé que l’été dernier, de nombreux demandeurs se sont vu refuser l’accès aux services de TLS Contact non pas en raison d’un dossier incomplet, mais à cause d’une discordance entre le numéro de réservation et le numéro France-Visas.

 

Des réseaux organisés sous surveillance

Le consul a également évoqué l’existence de réseaux structurés, s’appuyant sur des « petites mains » chargées de surveiller en permanence les créneaux disponibles. Dès qu’un rendez-vous se libère, celui-ci est immédiatement réservé et affecté à l’un des nombreux dossiers détenus par ces officines douteuses.

Si le recours à des intermédiaires n’est pas en soi illégal, Dominique Mas a tenu à nuancer. En France, a-t-il rappelé, des agences de voyage proposent ce type de service, mais dans un cadre bien plus encadré, avec des tarifs transparents, raisonnables et relativement homogènes. Une situation bien différente de celle observée en Tunisie, où l’opacité et la spéculation alimentent frustration et incompréhension.

Au moment où il existe de fortes tensions autour de l’accès au visa, le consul de France a appelé les demandeurs à la vigilance, rappelant que le respect strict des procédures officielles reste la seule garantie pour éviter des refus automatiques et généralement irréversibles.

En 2025, la France a connu une tendance à la baisse des refus de visa pour les Tunisiens, avec un taux global chutant à environ 18,3 % (de janvier à octobre 2025), contre un taux de refus de court séjour historiquement bas de 13 %. On comptait près de 118 000 demandes déposées durant cette période, et environ 116 600 visas délivrés sur plus de 142 000 dossiers traités via TLS, ce qui signifie un nombre absolu de refus autour de 25 000 grâce à des dossiers mieux préparés, malgré cet afflux de demandes.