Un budget restreint force les étudiants à renoncer à se soigner et à se nourrir

Une enquête de l’Union étudiante révèle que, faute de budget, certains étudiants sont contraints de renoncer à leurs dépenses de santé et à certains repas pour payer leur loyer et charges mensuelles.
Loyer, électricité, transports, la hausse du coût de la vie frappe encore plus durement les étudiants. Selon l’enquête Précarité de l’Union étudiante publiée hier (6 janvier), une fois le loyer, les factures et les courses payés, un étudiant sur trois a un reste à vivre inférieur à 50 euros.
Un budget restant insuffisant qui peut notamment les pousser à faire des arbitrages sur la qualité de la nourriture, voire à sauter des repas : « Les courses alimentaires sont ce à quoi renoncent les étudiants (…) La question de la qualité de l’alimentation passe souvent au second plan, car il s’agit avant tout pour beaucoup d’étudiant·es de trouver simplement de quoi se nourrir ».
L’enquête souligne également l’impact négatif de la fin du repas à 1€ pour toutes et tous en 2023. L’Union étudiante déplore que ce tarif soit désormais conditionné à une justification de précarité « souvent stigmatisante ».
Santé et logement
Autre poste de dépense régulièrement sacrifié par les étudiants, celui de la santé. Selon l’enquête, « près de 28 % des étudiants déclarent avoir déjà renoncé à des soins pour des raisons financières ».
Un chiffre qui varie selon les actes, ainsi 16 % des étudiants se sont déjà privés de soins ophtalmologiques, 7 % de suivi gynécologique. En outre, l’Union étudiante s’inquiète d’une dégradation générale de la santé mentale. L’enquête montre que « 60 % des étudiants vivent leur situation financière comme un facteur d’anxiété ».
Par ailleurs, la question du logement reste puisque 29% d’étudiants n’avaient pas de solution de logement pérenne à la rentrée 2025. Et quand ils en ont un, 7 étudiants sur 10 disent y subir au moins une nuisance (bruit, nuisibles, froid).
Précarité des étudiants étrangers
Outre des frais d’inscription exorbitants, les étudiants étrangers sont exclus du système de bourse sur critères sociaux, ce qui en contraint la plupart à se salarier.
En outre, afin de pouvoir s’inscrire dans une université française, l’Unef révélait en août dernier que « les étudiants étrangers hors Union européenne devaient justifier de la présence sur leur compte bancaire de la somme de 7380€ ».
Autant de raisons pour lesquelles le syndicat étudiant exigeait l’abrogation du plan « Bienvenue en France » afin de « rétablir l’égalité de traitement entre les étudiants ».

