Polémique autour de la rue Yasser Arafat : la décision de la justice est tombée

 Polémique autour de la rue Yasser Arafat : la décision de la justice est tombée

La Seyne-sur-Mer – Rue Yasser Arafat.


L'affaire dure depuis près de trois ans. Elle a connu son dénouement, il y a trois jours, ce lundi 12 février quand le tribunal administratif de Toulon a enfin donné raison à la ville de La Seyne-sur-Mer. Cette  commune du Var dirigée par le maire socialiste Marc Vuillemot avait été en juin 2015 la première ville de France à avoir baptisé une rue au nom de Yasser Arafat, l'ancien leader palestinien.


Quelques jours après cette décision, Jean-Pierre Colin (UDI), le chef de file de la droite à La Seyne-sur-Mer avait déposé une demande d'annulation de la délibération du conseil municipal devant la justice. "Une conjonction de la gauche et du Front national aboutit au vote d'une rue Yasser-Arafat, nationaliste palestinien, terroriste et antisémite notoire", s'agaçait-t-il à l'époque. Le conseiller municipal d'opposition parlait alors d'une "agression" qui ne présentait pas selon lui "un bon exemple à donner dans le contexte actuel".


Le maire socialiste justifiait son choix, en expliquant qu'"il y a aussi une rue Yitzhak-Rabin dans le quartier", ajoutant railleur : "Que je sache, les deux hommes ont reçu le prix Nobel de la paix ensemble! Après, je ne suis pas allé mesurer les deux voies pour savoir laquelle était la plus grande…"


Dans sa décision, le tribunal estime que les trois vices de procédures susceptibles d'être retenus n'ont pas "privé les intéressés d'une garantie ou n'ont pas été susceptibles d'exercer une influence sur l'acte attaqué".


Cet "acte" avait -in fine- fait l'objet d'un débat en séance du conseil municipal, "contrairement à ce que soutenait M. Colin". Et la délibération litigieuse avait été adoptée à la majorité des voix, le 2 juin 2015.


Sur le fond, le tribunal a également écarté les arguments selon lesquels le nom choisi pour cette rue serait "de nature à provoquer des troubles à l’ordre public (…) Il n’est pas non plus établi que cette dénomination porterait atteinte à l’image de la ville ou du quartier".


Le jugement précise que le demandeur devra verser la somme de 2.000 euros à la commune, en dédommagent des frais exposés par cette procédure.


Nadir Dendoune

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.