L’auteure de l’agression dément avoir frappé la fille parce qu’elle portait une jupe

 L’auteure de l’agression dément avoir frappé la fille parce qu’elle portait une jupe


 


L’agression d’une adolescente par trois jeunes filles a eu lieu lundi dernier (18 avril) à Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine mais ce n’est qu’hier, que l’affaire a été rendue publique. Un article du Parisien raconte que l’adolescente a été rouée de coups parce qu’elle portait une jupe. Une vidéo tournée par un passant montre la violence de la scène. Pour Le Parisien, cela ne fait aucun doute : l’adolescente aurait été agressée parce qu’elle portait une jupe. Depuis, les réseaux sociaux s'enflamment. Certains se servant de cette lâche agression pour stigmatiser la banlieue et par ricochet les musulmans. Nous sommes donc allés interroger l'auteure des coups. Ilhame, 19 ans, conteste cette version des faits. Elle affirme aussi qu'elle a été la seule à frapper l'adolescente.


 


LCDA : On raconte que vous avez frappé cette fille parce qu’elle portait une jupe.


Ilhame : C’est faux. Nous avons commencé à nous battre dans le tramway. La vidéo ne montre que la fin de la bagarre. Tout a commencé quand des jeunes garçons du quartier ont traité l'adolescente de « pute ». Mais, il n'y a eu aucun coup porté contre elle. Avec mes amies, nous sommes allées lui demander ce qu’il s’était passé et l’adolescente nous a dit de nous mêler de nos affaires. Le ton est monté et on a commencé à se battre. Une fois sorties du tramway, d’autres gens nous ont séparées.


 


LCDA : Regrettez-vous votre acte ?


Bien sûr. Je n’aurais jamais dû la frapper. Je m’en veux. Je précise que je ne suis pas une bagarreuse malgré ma forte corpulence. En voyant la vidéo, je ne me suis pas reconnue. Je sais que les choses auraient pu être plus graves. J'en ai conscience.


 


LCDA : Etes-vous contre le port de la jupe?


Pas du tout. Chacun s'habille comme il veut. J'ai des tas d'amies qui portent des jupes.


 


LCDA : Comment ont réagi vos parents ?


Comme je n’ai jamais eu de problèmes avec la police, ils ont été surpris. Ils sont très fâchés contre moi. Et ils espèrent que cela ne se reproduira plus. J’ai pas su contrôler mes nerfs. Je présente toutes mes excuses à cette fille ainsi qu’à toute sa famille.


 


Propos recueillis par Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.