CDH. Un ancien détenu du Polisario témoigne sur la torture dans les camps de Tindouf

 CDH. Un ancien détenu du Polisario témoigne sur la torture dans les camps de Tindouf

Illustration – Tindouf, 14 octobre 2022. Des membres du polisario patrouillent près de l’entrée des camps de réfugiés. Photo : Ryad Kramdi / AFP

Un ancien détenu du Polisario a livré un témoignage accablant, lundi 2 mars, devant la 61e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies (CDH), à Genève, dénonçant de graves violations des droits humains dans les camps de Tindouf.

 

Mahmoud Zaidan, ancien blogueur critique à l’égard du front séparatiste, a affirmé avoir été victime d’enlèvement, de disparition forcée pendant plus de quatre mois, ainsi que de torture psychologique et physique, avant d’être contraint de quitter les camps sous la menace de mort.

Lors du débat général au titre du point 2 de l’ordre du jour, il a indiqué que son seul tort avait été de critiquer et de dénoncer les dirigeants du Polisario et de réclamer, via les réseaux sociaux, la fin des violations graves et systématiques commises contre les Sahraouis par la direction séparatiste et des groupes armés affiliés. M. Zaidan a également évoqué des cas quotidiens de répression, d’enlèvements et d’exécutions extrajudiciaires, ainsi que des pratiques assimilées à l’esclavage.

Il a par ailleurs accusé les dirigeants du Polisario de détourner l’aide humanitaire, d’exploiter des enfants par leur enrôlement et leur implication dans des réseaux criminels et de trafic de drogue, et de chercher à faire taire les voix dissidentes afin d’instaurer un climat de peur parmi les populations.

Il a appelé la communauté internationale à agir et exhorté le CDH à intervenir par ses mécanismes afin de protéger les populations des camps et de mettre fin à ces violations.

 

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L’ONG PDES plaide pour un accès sans entrave aux camps

Dans le même registre, l’ONG « Promotion du Développement Économique et Social » (PDES) a appelé à des mesures concrètes pour renforcer la protection des droits de l’homme dans les camps de Tindouf, mettant en avant la nécessité d’un accès sans entrave des mécanismes onusiens, d’un recensement transparent des populations et de garanties effectives des libertés fondamentales.

Dans une déclaration prononcée par Aicha Duihi lors de la 61e session du Conseil des droits de l’homme, l’ONG a souligné que « la prévention précoce des violations demeure la pierre angulaire de la dignité humaine, en particulier dans les contextes de conflits prolongés ».

S’exprimant au titre du point 2 du débat général consacré au rapport du Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Mme Duihi a rappelé que plusieurs rapports des Nations unies ont insisté sur l’importance d’assurer un enregistrement et un recensement transparents des populations dans les camps, notant que le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés considère cette démarche comme un préalable indispensable à la protection effective des droits et à la distribution équitable de l’assistance.

L’ONG PDES a également mis en avant les observations d’organes conventionnels, notamment le Comité des droits de l’homme, soulignant la nécessité de garantir la liberté de circulation et le droit à un recours effectif sur tout territoire relevant de la juridiction de l’État hôte.

Estimant que l’absence d’accès régulier à des mécanismes indépendants de suivi et la faiblesse des voies de recours accentuent la vulnérabilité des populations — en particulier des femmes, des enfants et des jeunes —, l’ONG a appelé à garantir au Haut-Commissariat aux droits de l’Homme un accès régulier et sans entrave aux camps de Tindouf.

Mme Duihi a également plaidé pour un renforcement de la coopération technique avec l’État hôte afin d’assurer des mécanismes indépendants de réception des plaintes, soutenir des programmes de consolidation de la paix fondés sur l’État de droit et envisager l’envoi d’une mission technique pour évaluer les besoins en matière de droits de l’Homme sur le terrain.

Enfin, l’ONG a affirmé que la protection des droits fondamentaux dans les camps constitue une obligation juridique et morale au regard de la Charte des Nations unies et des instruments internationaux pertinents, soulignant que la redevabilité, la transparence et le respect de l’État de droit demeurent essentiels pour prévenir toute aggravation de la vulnérabilité dans un contexte régional sensible.