France–Algérie : le dialogue relancé, coopération et OQTF au cœur des discussions

 France–Algérie : le dialogue relancé, coopération et OQTF au cœur des discussions

Alger, le 6 avril 2025 : le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot reçu par son homologue algérien Ahmed Attaf au siège du ministère des Affaires étrangères. © Philemon Henry / MEAE / AFP

Après des mois de tensions entre la France et l’Algérie, le dialogue reprend entre les ministres des Affaires étrangères. Coopération sécuritaire, OQTF, cas Christophe Gleizes : des dossiers sensibles refont surface.

 

Ils n’avaient plus échangé officiellement depuis le mois de novembre, en marge d’une réunion du G20 à Johannesburg, en Afrique du Sud.

Dimanche (15 mars), Jean-Noël Barrot et Ahmed Attaf, respectivement ministre des Affaires étrangères de la France et de l’Algérie, se sont entretenus par téléphone.

« Les ministres ont évoqué les enjeux de la relance de la coopération bilatérale, notamment en matière sécuritaire et migratoire », précisait le Quai d’Orsay.

Depuis plusieurs mois, le refus du gouvernement algérien d’accueillir ses ressortissants sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) avait cristallisé les tensions entre les deux pays.

> A lire aussi : Algérie : A. Tebboune reste ferme sur le retour des OQTF

Le cas Gleizes au cœur des discussions

Le ministère des Affaires étrangères français a également indiqué que le cas du journaliste a été évoqué lors de l’entretien : « le ministre a marqué notre souhait qu’elle produise des résultats tangibles, dans l’intérêt des deux pays. Il a rappelé l’attention portée à la situation de notre compatriote Christophe Gleizes ».

Arrêté en mai 2024, ce journaliste sportif préparait un article sur le club de football de la JS Kabylie. Le journaliste a finalement été emprisonné pour « apologie du terrorisme » et « propagande nuisant à l’intérêt national ».

Il purge actuellement une peine de sept ans de prison, confirmée en appel en décembre.

> A lire aussi : Algérie : adoption de la loi criminalisant la colonisation et geste envers la France

Un dégel déjà enclenché entre Paris et Alger

Par ailleurs, Jean-Noël Barrot et son homologue algérien ont pu échanger sur « les principaux enjeux diplomatiques d’intérêt commun en Afrique et au Moyen-Orient », et notamment sur « l’escalade régionale autour de l’Iran et les récentes discussions de haut niveau relatives au Sahara occidental ».

La reprise du dialogue confirme un dégel des relations entre la France et l’Algérie, amorcé le 16 février dernier avec la visite du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, à Alger.

Suite à sa rencontre avec le président algérien, Abdelmajid Tebboune, le ministre français avait annoncé que les deux pays étaient parvenus à « réenclencher un dispositif de coopération sécuritaire de très haut niveau ».

> A lire aussi : Sahara : lecture politique d’un repositionnement algérien sous contrainte internationale