Ultradroite : procès de sept hommes, dont deux militaires et un ex-policier

Vue du Tribunal de Paris, siège des formations correctionnelles compétentes pour les affaires traitées par le parquet antiterroriste.© Thomas SAMSON / AFP
Sept hommes liés à la mouvance d’ultradroite, dont deux militaires et un ex-policier, sont soupçonnés d’un trafic d’armes et, pour six d’entre eux, d’avoir projeté des actions violentes visant des mosquées.
Des armes livrées par colis, un projet de stage de combat : un procès a été ordonné à l’encontre de sept hommes, dont deux militaires et un ancien policier. Les juges d’instruction antiterroristes ont rendu leur ordonnance. Ces six hommes sont renvoyés devant le tribunal correctionnel, et un septième, mineur au moment des faits, devant le tribunal pour enfants. Ils seront jugés du 23 juin au 3 juillet.
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Sous surveillance : au cœur du procès de la mouvance d’ultradroite
Un jeune militaire est accusé de s’être approvisionné en armes auprès d’un policier à la retraite. Il vendait ensuite ces armes par colis à des clients de la mouvance d’ultradroite. Un second militaire est soupçonné d’avoir fourni des grenades.
Des mosquées ont pu être évoquées comme cibles potentielles sur un groupe de la messagerie cryptée Telegram. « La menace dite d’ultradroite radicale violente fait aujourd’hui l’objet d’une attention toute particulière », insiste le Parquet national antiterroriste, qui a requis ces renvois. « Cette menace protéiforme est une des plus préoccupantes de l’analyse partagée tant des services français que des échanges que nous avons avec nos partenaires étrangers, de par sa diffusion très dynamique sur les réseaux sociaux ou les plateformes du dark web. »
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Soleil noir : l’emblème d’une idéologie violente visant les mosquées
Cette enquête a démarré après une intervention en 2023 au domicile d’un jeune homme près de Chambéry. Les investigations numériques ont révélé un trafic d’armes impliquant des personnes acquises à l’idéologie d’ultradroite. Il aurait acheté des armes auprès d’un militaire, qui les envoyait par colis.
Lors d’une perquisition chez ce militaire, les policiers ont retrouvé un drapeau représentant un soleil noir, symbole mystique nazi, des dizaines de munitions et d’armes.
Six autres personnes seront jugées pour association de malfaiteurs terroriste, dont un adolescent au moment des faits. Il s’agit du fils d’une ex-figure du grand banditisme, aussi connue sous le nom de « Pépette », proche d’Antonio Ferrara, surnommé le « roi de la belle » après deux évasions en 1998 et 2003.
Au‑delà des sept prévenus, ce procès illustre la montée en puissance d’une mouvance d’ultradroite dont les projets violents visent directement le vivre‑ensemble. Les juges devront trancher sur des faits qui interrogent autant la sécurité publique que la résilience des institutions face aux dérives idéologiques.
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