Battle Royal : le jiu-jitsu brésilien en show

La CDK Team remporte le premier Diamond BJJ Battle Royal organisé à Drancy devant une foule en feu (crédit photo : Anthony Lora)
Le jiu-jitsu brésilien se transforme en véritable sport-spectacle à Drancy. Entre ambiance digne de l’UFC, nouvelles règles, cash prize et intérêt de grandes plateformes, le “Battle Royal” imaginé par Jamel Guenaoui, Samy Amara et Kytao veut révolutionner les sports de combat en France.
En bref
- Le jiu-jitsu brésilien se transforme en sport-spectacle à Drancy.
- Le “Battle Royal” oppose des équipes selon des règles inédites.
- Les combattants peuvent gagner jusqu’à 10 000 euros.
- Netflix et plusieurs plateformes suivent déjà le projet.
- Les organisateurs veulent professionnaliser la discipline.
Le 10 janvier dernier, des familles entières, bravant le froid, attendent pour entrer au gymnase Joliot-Curie de Drancy, en Seine-Saint-Denis. A l’intérieur, on se croirait dans un combat de boxe à l’américaine. Au micro, le maître de cérémonie du tournoi de jiu-jitsu brésilien, Samy Amara, comédien et humoriste, mais aussi pratiquant du sport mis à l’honneur : le jiu-jitsu brésilien.
En tout, plus de mille personnes sont là pour acclamer quatre équipes de très haut niveau de jiu-jitsu brésilien (CDK Team, Cercle Tissier, Gracie Barra et Elite BJJ), venues s’essayer à un nouveau format original de combat par équipes. Derrière cet événement qui fait date : Kytao, fondateur du collectif artistique French Cut, Samy Amara et Jamel Guenaoui. Des passionnés par un ensemble de techniques utilisées par les samouraïs pour se défendre à mains nues avant d’être modernisées par le maître Jigoro Kano à la fin du XIXe siècle.
Ce nouvel art martial, le jiu-jitsu brésilien, a été développé au Brésil en 1925 par Carlos Gracie. Il permet d’utiliser le levier et la mécanique du corps dans le jiu-jitsu brésilien moderne pour se défendre plus efficacement depuis le sol et battre un combattant plus fort.
Le jiu-jitsu brésilien porté par le MMA
Si le jiu-jitsu brésilien en France a été mis sur le devant de la scène du MMA et de l’UFC, c’est en partie grâce à l’explosion médiatique du MMA (arts martiaux mixtes). En effet, de nombreux combattants font partie des fondateurs de la ligue américaine UFC (Ultimate Fighting Championship). Certains membres de la famille Gracie ont organisé des tournois pour comparer les sports, explique Kytao. Les trois premières éditions ont même été remportées par Royce Gracie, l’un des fils du fondateur de la discipline. La popularité du jiu-jitsu brésilien en France vient aussi de son côté plus accessible.« Certains ont peur d’être blessés lors d’un combat en MMA, souligne Jamel Guenaoui. D’autres craignent de rentrer à la maison avec des coquards. »
L’âge est un critère déterminant pour y participer. Je connais des participants de plus de 60 ans en compétition. De nombreux parents qui aimeraient mettre leurs enfants aux sports de combat privilégient le jiu-jitsu brésilien comme alternative. Proche du judo, dont il partage les origines, ce sport possède aussi des particularités d’attaque et de défense spécifiques, où le kimono peut servir d’arme pour étrangler ou bloquer un bras.
Une différence avec une autre discipline à la mode chez les combattants de MMA : le grappling professionnel. « J’ai pratiqué ce sport, dans lequel on combat en t-shirt, avant de passer à la boxe thaï, indique le fondateur de French Cut et par ailleurs photographe de talent. En grappling, on n’a pas le droit de saisir les vêtements. Le jiu-jitsu brésilien fait plus art martial. Le kimono donne un côté classe, une sorte de costume du guerrier. »
Un Battle Royal pensé comme un show
Passé par la boxe anglaise, Jamel Guenaoui est un habitué des ambiances chaudes, comme lors de ses galas baptisés “The Diamond”. Son association avec Kytao suscite de l’intérêt autour du sport brésilien. « Cela faisait dix ans que j’organisais des galas en pied-poing, indique Jamel Guenaoui. On a ouvert une nouvelle salle à Drancy avec une cage de MMA. On s’est dit qu’il fallait transformer le jiu-jitsu brésilien en véritable sport-spectacle pour le public. On était certains qu’il y aurait des spectateurs si on arrivait à le rendre populaire. »
Ecran géant, jeux de lumières, éclats de feu… Tout devient spectaculaire pour les compétiteurs. Ils sont pourtant habitués aux mornes combats de gymnases de banlieue. Avec Samy Amara, le sport passe à un autre niveau. Les compères ont surtout une idée originale. « Ensemble, on voulait créer autre chose que des combats classiques avec ce Battle Royal de jiu-jitsu brésilien, indique Kytao. Le côté théâtral et la présentation ont permis de transformer le tournoi de jiu-jitsu brésilien en show. J’ai toujours eu à cœur de mélanger le sport et l’art dans mes projets. »

Des règles inédites pour séduire le public
Pour pimenter le tout, les amis décident de mettre en place de nouvelles règles. L’idée est de faire reposer l’intérêt non pas sur un match, mais sur la force d’une équipe et une stratégie commune. « Notre règlement du Battle Royal repose sur des équipes de cinq combattants. Elles ne peuvent pas dépasser 430 kg, expliquent les créateurs du Diamond Fight Club. Chaque équipe doit présenter une ceinture de chaque grade (blanche, bleue, violette, marron, noire) et reste libre de choisir le combattant qu’elle veut envoyer face à son adversaire. Cela ajoute du piment et un versant stratégique. Les combattants obtiennent aussi une prime de 4 000 euros alors que, d’habitude, ils paient pour participer aux tournois ! »
Des plateformes de contenus s’intéressent au jiu-jitsu spectacle
Remporté par CDK, cet événement de jiu-jitsu brésilien fait l’effet d’une bombe dans le milieu. Presse, réseaux sociaux et sponsors se bousculent déjà pour le prochain gala. Les organisateurs ont d’ailleurs prévu un “Battle Royal 2”, toujours à Drancy le 29 mai prochain, avant le “Big Battle Royal”, doté de 10 000 euros et réunissant 16 équipes en octobre. « On a vraiment eu l’impression que le jiu-jitsu brésilien était délaissé alors qu’il mérite qu’on s’y attarde, rappelle Kytao. On veut internationaliser le jiu-jitsu brésilien spectacle. Il y a de très grosses équipes au Brésil et aux Etats-Unis, par exemple. Derrière ce sport se cache une culture, un univers. Plusieurs acteurs de Hollywood comme Tom Hardy ou Ashton Kutcher le pratiquent depuis longtemps. De notre côté, on y ajoute une touche artistique. »
Des plateformes étrangères, dont Netflix, s’intéressent désormais au jiu-jitsu brésilien spectaculaire et aux sports de combat spectaculaires. Cet intérêt croissant donne du baume au cœur aux organisateurs. « Nous voulons que les combattants soient davantage respectés, indique Jamel Guenaoui. Jusqu’à présent, ils travaillent tous à côté. Si le jiu-jitsu brésilien se professionnalise, on peut envisager qu’à terme le niveau augmente et que l’on voie apparaître un véritable engouement pour ces combats. »

Diamond Battle Royal 2 annonce une nouvelle compétition de jiu-jitsu brésilien à Drancy les 29 et 30 mai 2026, avec quatre équipes et un cash prize de 4 000 euros.
Vos questions sur le jiu-jitsu brésilien
Qu’est-ce que le Battle Royal en jiu-jitsu brésilien ?
Le Battle Royal est un nouveau format de compétition par équipes imaginé à Drancy par Jamel Guenaoui et Kytao.
Pourquoi ce tournoi fait-il parler ?
Le concept mélange sport, mise en scène spectaculaire, stratégie collective et diffusion pensée pour les plateformes de streaming.
Des plateformes de contenus s’intéressent-elles vraiment au projet ?
Oui. Selon les organisateurs, plusieurs plateformes étrangères, dont Netflix, suivent déjà le concept.
Quelle différence entre jiu-jitsu brésilien et MMA ?
Le MMA mélange plusieurs disciplines de combat. Le jiu-jitsu brésilien se concentre surtout sur le combat au sol, les clés et les étranglements.
Où se déroule le Battle Royal ?
L’événement est organisé à Drancy, en Seine-Saint-Denis.
