Accord migratoire franco-britannique : renouvellement et financement record

Shabana Mahmood, ministre britannique de l’Intérieur, et Laurent Nuñez, ministre français de l’Intérieur, lors d’une présentation des moyens de lutte contre l’immigration irrégulière à Zuydcoote, près de Dunkerque, le 23 avril 2026. © Stefan Rousseau / POOL / AFP
Hier (23 avril), les autorités françaises et britanniques ont dévoilé les détails du nouvel accord migratoire franco-britannique pour tenter d’empêcher les traversées clandestines de la Manche.
Un nouvel accord qui permettra de « renforcer la lutte contre les traversées irrégulières et périlleuses de la Manche et de la Mer du Nord », se félicitait, hier sur X, Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur. Sur le même réseau social, son homologue britannique, Shabana Mahmood, saluait « un système qui mettra les contrebandiers derrière les barreaux et rétablira l’ordre et le contrôle sur nos frontières ».
L’accord migratoire franco-britannique, renouvelé mercredi (22 avril), dit « 1 in, 1 out », prévoit que pour chaque personne migrante renvoyée en France après avoir rejoint les côtes anglaises, une autre personne, sélectionnée en France, pourra entrer au Royaume-Uni munie d’un visa.
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Financement en forte hausse
Réunis hier près de Dunkerque (Nord), les ministres de l’Intérieur français et britannique ont dévoilé les détails du nouvel accord. Le Royaume-Uni pourrait participer à hauteur de 766 millions d’euros sur trois ans.
Pour cette nouvelle version, cette participation comprendra une « part flexible », d’environ 186 millions d’euros, conditionnée à l’efficacité des mesures prises pour empêcher les personnes migrantes d’entreprendre des traversées illégales de la Manche.
Par ailleurs, les forces de l’ordre seront augmentées de moitié pour atteindre 1 400 agents d’ici 2029. L’utilisation des drones, hélicoptères et moyens électroniques sera renforcée. Enfin, un nouveau Centre de rétention administrative (CRA) est déjà en construction près de Dunkerque.
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Des résultats contestés
« Depuis 2026, les forces de l’ordre françaises ont réussi à faire baisser de 50 % le nombre d’arrivées au Royaume-Uni (…) en 2025, 28 réseaux de passeurs ont été démantelés et 480 passeurs arrêtés », se félicitait Laurent Nuñez.
Or, en 2025, selon les chiffres officiels des autorités britanniques, 41 472 personnes ont rejoint irrégulièrement le Royaume-Uni, soit le deuxième chiffre le plus élevé depuis 2018.
Liz Harding, représentante de MSF au Royaume-Uni, soulignait que, entre cet accord et le précédent, plus d’un milliard de livres sterling auront été dépensées pour « mettre des vies en danger ».
Pour elle, « ces ressources devraient servir à garantir des voies d’accès sûres pour les personnes exilées ainsi que des conditions d’accueil dignes en France et au Royaume-Uni ».
Pour MSF France, ces politiques « brutales » contraignent les exilés « à entreprendre des voyages de plus en plus dangereux, avec des points de départ encore plus éloignés – certains allant jusqu’à la côte belge ».
