Migration : 7 900 migrants morts ou portés disparus en 2025

 Migration : 7 900 migrants morts ou portés disparus en 2025

Un éclair lors d’un exercice nocturne à bord de l’Ocean Viking, navire de SOS Méditerranée, en Méditerranée, le 29 décembre 2025. (AFP)

Près de 8 000 migrants et réfugiés sont morts ou portés disparus sur les routes migratoires dans le monde en 2025. L’évolution des itinéraires ne les rend pas moins dangereux.

En 2025, 7 900 migrants sont morts ou portés disparus sur les routes migratoires, selon un décompte publié hier (21 avril) par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Un chiffre en nette baisse par rapport à l’année précédente, année record où le nombre s’élevait à 9 200.

Pour autant, dans son rapport annuel Aperçu mondial des voies migratoires 2025, l’agence onusienne ne se satisfait pas de cette réduction : « Les près de 8 000 décès enregistrés en 2025 marquent la poursuite et l’aggravation d’un échec mondial à mettre fin à ces décès évitables ».

Dans le détail, les 3 400 morts et disparitions recensés sur les routes maritimes menant vers l’Europe ont représenté 43 % du bilan mondial.

Une baisse en trompe-l’œil

En 2025, la route migratoire la plus meurtrière au monde reste la Méditerranée centrale, avec un total de 1 330 morts ou disparus. Si les itinéraires évoluent et se diversifient, une réalité reste inchangée, rappelait Amy Pope, directrice générale de l’OIM : « Les itinéraires évoluent en réponse aux conflits, aux pressions climatiques et aux changements de politique, mais les risques restent bien réels ».

Parallèlement à la baisse du nombre de décès, le rapport met en lumière une diminution des arrivées dans certaines régions. Celle-ci pourrait être liée à l’évolution des routes migratoires ou à des mesures de contrôle plus restrictives.

Toutefois, l’agence onusienne reste prudente et attire l’attention sur un autre facteur : « elle pourrait s’expliquer aussi par les restrictions financières imposées aux acteurs humanitaires qui documentent les décès de migrants sur les principaux axes de migration ».

Une pression migratoire accrue

En Europe, le nombre total d’arrivées a baissé, mais la pression migratoire s’est accentuée. « Des milliers de migrants se sont retrouvés bloqués dans des zones frontalières, avec un accès limité à l’hébergement, aux soins de santé et à la protection, tandis que les retours et les relocalisations ont augmenté », indique le rapport.

Par ailleurs, l’OIM note que le profil des arrivants sur le Vieux Continent a évolué. Le groupe le plus important est désormais celui des ressortissants bangladais, tandis que « les arrivées de Syriens ont diminué à la suite de changements politiques et stratégiques ».

Depuis le début de l’année 2026, l’OIM a déjà enregistré 1 723 personnes mortes ou portées disparues sur les routes migratoires.

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