Tunisie. Le gouvernement veut accélérer la hausse des salaires et des pensions

 Tunisie. Le gouvernement veut accélérer la hausse des salaires et des pensions

Réuni mardi 28 avril en Conseil des ministres, le gouvernement tunisien annonce avoir franchi une nouvelle étape dans la concrétisation des augmentations salariales et des pensions prévues par la loi de finances 2026.

En tout, ce sont huit projets de décrets qui ont ainsi été examinés, marquant une avancée attendue depuis plusieurs mois dans un dossier social sensible, à fort impact sur le pouvoir d’achat. « En nous promet cette hausse depuis des lustres, rien ne se concrétisait, mais cette fois semble être la bonne puisque l’impulsion vient d’en haut », commente une retraitée à propos de l’initiative présidentielle. Le scepticisme de nombreux Tunisiens découlait aussi de la mise à l’arrêt depuis plusieurs années des négociations avec la centrale syndicale UGTT

Cette fois l’initiative s’inscrit dans la mise en œuvre de l’article 15 de la loi de finances, qui prévoit une revalorisation progressive des revenus sur la période 2026-2028, au bénéfice des salariés et des retraités.

 

Une revalorisation généralisée encadrée par huit décrets

Au cœur de la réunion ministérielle présidée par Sarra Zaafrani Zenzri, huit textes réglementaires ont été passés en revue, répartis équitablement entre secteurs public et privé. Quatre décrets concernent la fonction publique et les structures étatiques, tandis que les quatre autres visent les salariés du secteur privé.

La mesure couvre un large éventail de bénéficiaires : agents de l’État, collectivités locales, établissements publics administratifs, entreprises publiques, mais aussi travailleurs du privé et enfin retraités.

Cette architecture réglementaire vise à préciser les modalités concrètes d’application des hausses : grilles salariales, catégories professionnelles, et mécanismes d’ajustement selon les secteurs. Certains décrets devraient notamment encadrer les augmentations dans le cadre des conventions collectives, qui couvrent la majorité des salariés tunisiens.

La tenue de ce Conseil intervient après plusieurs réunions présidées par le chef de l’État, traduisant une volonté politique d’accélérer un processus d’arlésienne jusque-là retardé par des contraintes techniques, juridiques et budgétaires.

 

Un enjeu social majeur dans un contexte budgétaire contraint

Ces augmentations répondent en l’occurrence à une pression sociale croissante, dans un contexte inflationniste marqué par l’érosion du pouvoir d’achat et la hausse des prix à la consommation. Elles s’inscrivent toutefois dans une stratégie étalée sur trois ans, avec une première tranche prévue dès 2026, suivie d’ajustements en 2027 et 2028 afin de lisser l’impact budgétaire.

Sur le plan financier, l’État a déjà prévu une hausse de la masse salariale, estimée à plus de 25 milliards de dinars en 2026, soit une progression d’environ 3,6 % par rapport à l’année précédente.

Cependant cette politique se heurte à des marges budgétaires limitées. Le défi pour les autorités consiste à concilier impératif social et équilibre des finances publiques, dans un contexte économique encore fragile.

En officialisant l’examen de ces décrets, le gouvernement envoie un signal attendu par des centaines de milliers de Tunisiens. Reste désormais à franchir l’étape décisive de la publication et l’entrée en vigueur effective des textes, condition indispensable pour que ces augmentations se traduisent de façon tangible sur les fiches de paie et les pensions.