TRE et tourisme : les devises continuent d’affluer, un premier semestre record pour la Tunisie

Les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) et les recettes touristiques confirment leur statut de piliers de l’économie tunisienne. À la fin du premier semestre 2026, ces deux sources de devises ont généré près de 7,8 milliards de dinars, selon les derniers indicateurs de la Banque centrale de Tunisie (BCT).
Cette performance qui dépasse celle enregistrée un an plus tôt et qui témoigne de la résilience de deux secteurs ainsi devenus essentiels pour l’équilibre des finances extérieures du pays.
Les chiffres publiés par la BCT montrent en effet que les transferts de la diaspora et les revenus du tourisme continuent de progresser, même si leur rythme de croissance diffère. Ensemble, ils constituent aujourd’hui l’une des principales bouffées d’oxygène pour les réserves en devises, dans un contexte où la Tunisie demeure confrontée à de fortes contraintes économiques et financières.
Les Tunisiens de l’étranger, premier soutien en devises
Les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger poursuivent leur ascension. Au 30 juin 2026, ils ont atteint 4,4 milliards de dinars, contre 4,19 milliards à la même période en 2025. Cette progression ostensible confirme une tendance observée depuis plusieurs années : la diaspora demeure un acteur majeur du soutien à l’économie nationale.
Ces fonds, envoyés principalement par les communautés installées en Europe, contribuent directement à la consommation des ménages, au financement de projets familiaux, mais également à l’alimentation des réserves en devises de la Banque centrale.
Leur poids est tel désormais qu’il est supérieur à celui de nombreux secteurs exportateurs. Dans un contexte marqué par une croissance économique encore modérée (2,1% en 2026 selon les prévisions de la BAD), les TRE représentent une ressource relativement stable, moins exposée aux aléas internationaux que d’autres recettes extérieures.
En additionnant les transferts des expatriés et les revenus du tourisme, les entrées de devises atteignent 7,76 milliards de dinars au premier semestre 2026, avant la haute saison touristique, contre 7,41 milliards un an auparavant, soit une progression de 4,74 %. À titre de comparaison, ces deux sources avaient rapporté 16,86 milliards de dinars sur l’ensemble de l’année 2025, un niveau déjà record.
Le tourisme retrouve presque son niveau d’avant la révolution
Les recettes touristiques poursuivent également leur progression, même si celle-ci apparaît plus modérée. Elles se sont élevées à 3,35 milliards de dinars à la fin juin 2026, contre 3,21 milliards un an auparavant, soit une hausse de 4,39 %.
Au-delà de cette augmentation, le chiffre revêt une portée symbolique. En dehors des effets de change et de l’inflation, le secteur continue de se rapprocher de son année de référence, 2010, considérée comme le dernier grand exercice avant la révolution de 2011. Cette année-là, la Tunisie avait accueilli près de 7 millions de visiteurs et enregistré des recettes touristiques qui sont longtemps restées la référence pour mesurer les performances du secteur.
Après les années difficiles marquées par les attentats de 2015, la pandémie de Covid-19 puis les incertitudes géopolitiques, le tourisme tunisien semble désormais engagé dans une phase de consolidation. La hausse continue du nombre de visiteurs européens, le retour progressif de certains marchés traditionnels (allemands et anglais notamment) et la diversification de l’offre contribuent à cette dynamique.
Si les recettes du premier semestre 2026 ne permettent pas encore d’affirmer que le record historique de 2010 sera dépassé sur l’ensemble de l’année, elles constituent néanmoins le meilleur niveau enregistré hors année de référence. Un signal encourageant pour un secteur qui demeure l’un des principaux moteurs de l’économie nationale.
À mesure que la saison estivale bat son plein et que les Tunisiens de l’étranger poursuivent leurs retours au pays, les prochains mois seront déterminants pour confirmer cette trajectoire. Une nouvelle progression des recettes touristiques et des transferts de la diaspora renforcerait davantage les réserves en devises (à 102 jours d’importations actuellement) et offrirait un précieux soutien à une économie toujours en quête de marges de manœuvre.
