Expulsions vers l’Afrique : Human Rights Watch dénonce Washington

 Expulsions vers l’Afrique : Human Rights Watch dénonce Washington

Embarquement de personnes expulsées, sous le regard d’agents de l’ICE, à l’aéroport international de Minneapolis-Saint-Paul, le 24 février 2026. Stephen Maturen / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Pour l’ONG, les États-Unis « instrumentalisent les souffrances ». Elle dénonce cette politique migratoire vers des pays-tiers, notamment en Afrique.

 

En bref

  • Human Rights Watch dénonce les expulsions américaines vers des pays africains tiers.
  • Plus de 500 personnes ont été envoyées vers des pays d’Afrique qui n’étaient pas leur pays d’origine.
  • Certaines personnes ont été entravées pendant des vols pouvant durer jusqu’à 18 heures.
  • HRW dénonce des détentions arbitraires et des risques de persécution ou de torture.
  • Le Burundi a rejoint les pays africains acceptant des personnes expulsées des États-Unis.

Après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en 2025, Washington a signé des accords avec des pays d’Amérique latine, d’Afrique et du Pacifique pour y envoyer des étrangers qui ne peuvent légalement être renvoyés dans leur pays. Selon les données de la police de l’immigration américaine (ICE), relayées par Human Rights Watch, les États-Unis ont expulsé plus de 500 personnes vers des pays d’Afrique qui n’étaient pas leur pays d’origine.

 

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Trajet de 18 heures

Cette politique « viole le droit international relatif aux droits humains » et « instrumentalise les souffrances humaines afin d’avoir un effet dissuasif sur les migrations », dénonce l’ONG dans un rapport publié hier, « avec des pays comme les Palaos ou l’Eswatini, l’administration peut menacer les gens de les abandonner au milieu de nulle part. L’objectif est de leur faire peur ». « Certains trajets en avion ont duré jusqu’à 18 heures, durant lesquelles les poignets, la taille et les chevilles des personnes expulsées étaient entravés par des chaînes, sans qu’elles sachent où elles allaient être expulsées », décrit le rapport, fondé sur des entretiens menés avec 24 personnes expulsées vers le Cameroun, la Centrafrique, la Guinée équatoriale, l’Eswatini, la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud.

 

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Principe de non-refoulement

Entre autres violations flagrantes, HRW rapporte que Washington a envoyé au moins une douzaine de personnes LGBT vers des États africains qui criminalisent les relations entre personnes de même sexe. Par ailleurs, HRW souligne que certains États africains ont bafoué les droits humains en soumettant les personnes expulsées à la détention arbitraire et en violant le principe de non-refoulement. Ce principe interdit aux États de renvoyer une personne vers un territoire où sa vie ou sa liberté seraient menacées. Human Rights Watch relève également que ces transferts sont encadrés par des accords, dont la plupart demeurent secrets. Début octobre, le Burundi a annoncé s’engager à accueillir des personnes expulsées des États-Unis. Il devient ainsi le 15e État du continent à conclure un tel accord.

 

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Vos questions sur les expulsions américaines vers l’Afrique

Combien de personnes les États-Unis ont-ils envoyées vers des pays africains tiers ?

Plus de 500 personnes ont été envoyées vers des pays d’Afrique qui n’étaient pas leur pays d’origine. HRW chiffre précisément à 536 le nombre de personnes transférées vers des pays africains entre janvier 2025 et août 2026.

Quels pays africains sont concernés ?

Les personnes interrogées par HRW avaient été transférées vers le Cameroun, la Centrafrique, la République démocratique du Congo, la Guinée équatoriale, l’Eswatini et le Soudan du Sud.

Que dénonce Human Rights Watch ?

L’ONG dénonce notamment l’absence de garanties procédurales, les conditions des vols, les détentions arbitraires et les risques de persécution ou de torture après le transfert.

Qu’est-ce que le principe de non-refoulement ?

Il interdit de renvoyer une personne vers un pays où elle risque notamment la persécution, la torture ou d’autres atteintes graves aux droits humains.

Quel rôle joue l’ICE ?

L’US Immigration and Customs Enforcement (ICE) est l’agence américaine chargée notamment de l’arrestation, de la détention et de l’éloignement des personnes relevant de la législation migratoire américaine.

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Chloé Juhel

Chloé Juhel fait partie de la rédaction web du Courrier de l’Atlas. Elle participe à la production d’articles d’actualité et au développement des contenus numériques du média.