Manifestations du 17 octobre : plus de 2 000 personnes placées en garde à vue

 Manifestations du 17 octobre : plus de 2 000 personnes placées en garde à vue

Interpellation d’un manifestant par les CRS à Marseille, le 17 octobre 2026. © Thibaud MORITZ / AFP

Selon les derniers chiffres du gouvernement, plus de 2 000 personnes ont été placées en garde à vue durant ce week-end de manifestations, puis de pillages.

En bref

  • 2 331 gardes à vue ont été enregistrées durant le week-end, selon Gérald Darmanin.
  • 70 % des personnes placées en garde à vue étaient majeures.
  • Le parquet de Paris avait recensé au moins 557 gardes à vue pour la seule journée du 17 octobre.
  • Des pillages et des dégradations ont été signalés dans plusieurs villes françaises.
  • La Legal Team Paris dénonce des conditions d’enfermement indignes dans les commissariats parisiens.

 

« Au moment où je vous parle, ce lundi à 7 heures du matin, il y a eu pendant tout le week-end 2 331 gardes à vue. 70 % des personnes qui sont en garde à vue sont des majeurs », indiquait Gérald Darmanin, aujourd’hui (19 octobre), sur France 2.

Un bilan très largement revu à la hausse, par le Garde des Sceaux, par rapport aux chiffres révélés hier (18 octobre) par le parquet de Paris.

Pour la seule journée de samedi 17 octobre, ce dernier confirmait la garde à vue d’au moins 557 personnes, dont 381 majeurs, 151 mineurs et « 25 dont l’âge est indéterminé ».

Hier sur X, Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, s’indignait de la tournure prise par la manifestation : « Manifester est un droit fondamental. Semer le désordre avec violence et de manière concertée n’en est pas un ».

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Violences et ultra gauche ciblée

Le ministre de l’Intérieur est revenu sur cette journée et surtout sur les nombreux débordements qui ont eu lieu, pendant et après, les manifestations déclarées.

« Dès la mi-journée, à Marseille dès le matin, des exactions étaient commises par plusieurs milliers d’individus d’ultra gauche décidés à s’en prendre à nos bâtiments publics et à prendre à partie nos forces de l’ordre (…) ils ont été rejoints par des délinquants qui ont pillé et saccagé de nombreux commerces dans plusieurs villes en France : Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Rennes, Strasbourg, Grenoble, Nice, Limoges… », regrettait Laurent Nuñez.

Au micro de France Info (18 octobre), Rudy Manna, délégué national du syndicat Unsa-Police, s’indignait : « On avait rarement vécu de telles violences (…) On nous parlait de convergence des luttes et en fait, on a eu une convergence des barbares, des délinquants ».

Samedi soir sur X, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, revenait sur la journée de manifestation : « La mobilisation d’aujourd’hui confirme la profondeur de la colère. Le gouvernement ne pourra pas l’étouffer par la répression. La CGT condamne les violences et une stratégie de maintien de l’ordre dangereuse ».

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Moyens d’enfermement insuffisants

« Les cellules débordent et on en perd les principes de dignité (…) Les personnes sont les unes sur les autres, et quand il n’y a plus du tout de place, on les accroche menottées à des bancs » confiait à l’AFP, Alexis Baudelin, de la Legal Team Paris, collectif d’avocats spécialisé notamment dans les violences policières.

Cellules sous-dimensionnées, nombre de matelas insuffisant, rations alimentaires quasi inexistantes, les commissariats parisiens n’étaient pas préparés à accueillir autant de personnes. L’avocat accuse les autorités d’avoir fait « le choix de l’enfermement de personnes juste pour leur donner une bonne leçon, c’est une technique de répression ».

Pour le membre de la Legal Team Paris, ce choix risque de se révéler inefficace puisque, selon lui, « neuf gardes à vue sur dix vont se terminer par des classements sans suite ».

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Vos questions sur les gardes à vue après les manifestations du 17 octobre

Combien de personnes ont été placées en garde à vue ?

Selon Gérald Darmanin, 2 331 gardes à vue ont été enregistrées pendant le week-end de manifestations et de pillages.

Combien de personnes majeures ont été placées en garde à vue ?

Le ministre a indiqué que 70 % des personnes placées en garde à vue étaient majeures.

Quel était le bilan du parquet de Paris pour le 17 octobre ?

Le parquet de Paris avait confirmé au moins 557 gardes à vue, dont 381 majeurs, 151 mineurs et 25 personnes dont l’âge était indéterminé.

Quelles villes ont été touchées par les débordements ?

Laurent Nuñez a cité Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Rennes, Strasbourg, Grenoble, Nice et Limoges.

Quelles critiques ont été formulées sur les conditions de garde à vue ?

Alexis Baudelin, membre de la Legal Team Paris, a dénoncé la surpopulation des cellules, le manque de matelas et l’insuffisance des rations alimentaires. Il estime que neuf gardes à vue sur dix pourraient se terminer par un classement sans suite.

 

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Charly Célinain

Charly Celinain est journaliste pour la rédaction web du Courrier de l’Atlas. Il participe à la production d’articles et réalise des vidéos d’actualité et de décryptage pour le site et les réseaux sociaux du média.