Mobilisation lycéenne : 215 élèves blessés depuis le 18 septembre

Un policier utilise un lanceur de balles de défense (LBD 40) lors d’une manifestation lycéenne à Bordeaux, le 6 octobre 2026. © Christophe ARCHAMBAULT / AFP
Depuis le début des mobilisations lycéennes, les interventions policières musclées sont au centre des débats. Plusieurs cas de lycéens gravement blessés sont à déplorer.
En bref
- 215 élèves ont été blessés depuis le début des mobilisations lycéennes.
- Le mouvement a débuté le 18 septembre.
- Plusieurs lycéens ont subi des blessures graves lors des mobilisations.
- 10 enquêtes judiciaires ont été confiées à l’IGPN.
- Près de 700 membres des forces de sécurité intérieure auraient également été blessés.
Depuis le 28 septembre, début des mobilisations lycéennes, le gouvernement dénombrait 215 élèves blessés. Lundi (5 octobre), Edouard Geffray, ministre de l’Education nationale, confirmait ce chiffre : « 215 élèves ont été blessés depuis le début des mobilisations dans les lycées (…), soit du fait d’éléments accidentels (…), soit du fait de blessures liées à des fauteurs de troubles ». Hier (6 septembre), « l’acte III » de la mobilisation a rassemblé 266 000 manifestants dans toute la France selon le ministère de l’Intérieur et 450 000 selon les organisations lycéennes et étudiantes. Si cette nouvelle journée de mobilisation s’est déroulée sans heurts majeurs, 488 personnes ont tout de même été interpellées. Au total, depuis le 28 septembre, 6 547 personnes ont été interpellées dans le cadre de ce mouvement, selon Beauvau.
Blessés graves
N’en déplaise aux membres du gouvernement, les graves blessures à déplorer chez les lycéens sont directement liées à des interventions policières. Dès le 28 septembre, à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), un policier tirait une grenade lacrymogène, avec son lance-grenades Cougar, dans le visage d’un lycéen de 14 ans, à bout portant. Bilan : double fracture de la mâchoire, la quasi totalité des dents arrachées, selon son avocate, Elsa Marcel. « Il ne peut s’alimenter que de liquides » indiquait la mère de l’adolescent (5 octobre). Le policier auteur du tir est interdit d’exercer ses fonctions jusqu’à nouvel ordre. Hier (6 octobre), il a été mis en examen pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique suivies de mutilation ou d’infirmité permanente ». Par ailleurs, lundi à Lens (Pas-de-Calais), un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade de désencerclement. Le préfet du Pas-de-Calais, François-Xavier Lauch, justifiait l’intervention des CRS : « Ils [les lycéens, ndlr] ont projeté toute une série de choses sur la police ». Au total, 10 enquêtes judiciaires ont été confiées à l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN).
Les forces de l’ordre également touchées
Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, du côté des forces de l’ordre, le bilan s’élèverait à près de 700 blessés au sein des forces de sécurité intérieure, depuis le début de la mobilisation. Cependant Beauvau n’a donné aucune précision sur la gravité ou les causes des blessures. Le 1er octobre, à Paris, une vidéo montrait plusieurs jeunes personnes poursuivant une policière esseulée. Après l’avoir faite tomber, les agresseurs lui donnaient des coups de pieds. Le 2 octobre, à Belfort, une vidéo montrait un policier tentant d’interpeller un jeune, avant d’être encerclé puis roué de coups par un groupe de jeunes hommes. Par ailleurs, 85 personnels éducatifs, dont 34 chefs d’établissements et adjoints, ont également été blessés.
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Vos questions sur les lycéens blessés
Combien de lycéens ont été blessés depuis le début de la mobilisation ?
215 élèves ont été blessés depuis le début des mobilisations lycéennes, selon le chiffre confirmé par le ministre de l’Éducation nationale le 5 octobre.
Quels sont les cas de blessures graves évoqués ?
Un lycéen de 14 ans a été grièvement blessé au visage à Saint-Ouen-l’Aumône. À Lens, un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée après l’explosion d’une grenade.
Combien d’enquêtes ont été confiées à l’IGPN ?
10 enquêtes judiciaires ont été confiées à l’Inspection générale de la Police nationale.
Combien de membres des forces de l’ordre ont été blessés ?
Le bilan communiqué par le ministère de l’Intérieur fait état de près de 700 blessés au sein des forces de sécurité intérieure.
Des personnels éducatifs ont-ils également été blessés ?
Oui. 85 personnels éducatifs, dont 34 chefs d’établissements et adjoints, ont également été blessés.
