Commémoration du 1er novembre 1954 : Les Algériens se souviennent

 Commémoration du 1er novembre 1954 : Les Algériens se souviennent

Des Algériens arrêtés par les troupes parachutistes du colonel Bigeard


20h, ce mercredi 31 octobre, les rues d'Alger grouillent de monde et les klaxons se font entendre aux quatre coins de la capitale algérienne. L'Algérie s'est-elle qualifiée pour la Coupe du monde ? "Non, pas du tout. Demain (NDLR : le 1er novembre), marque le début de la guerre de libération nationale", s'enthousiasme dans un parfait français Bachir, 75 ans, "100% algérois", comme il aime le dire.


En 1954, il avait 11 ans. "Mes parents m'interdisaient de jouer dehors après 18h. Et je n'avais pas le droit de m'éloigner de la maison", se souvient encore ému le vieil homme. "Je vivais à La Casbah et pendant la bataille d'Alger (NDLR, elle démarre en 1957), je ne pouvais quasiment plus sortir". Huit ans plus tard, L'Algérie était enfin libre. "Ce moment là, je ne l'oublierai jamais", dit-il en souriant. 


Bachir ira comme chaque année ce 1er novembre 2018 aux commémorations organisées toute la journée et dans toute la ville par le gouvernement algérien, même si la situation du pays "le rend triste". "La vie est chère et les jeunes n'ont pas de travail", lâche-t-il dégouté. Regrette-t-il la présence de la France ? "Jamais de la vie. Même si L'Algérie est imparfaite, nous décidons nous-mêmes du sort de notre pays", assure fièrement Bachir.  


Plus loin, en descendant le boulevard Didouche Mourad, "les Champs-Elysées d'Alger", à proximité de la Librairie Audin, Amine et ses copains, des adolescents de 18 à 20 ans, sont venus faire un tour au "centre ville". Ils viennent du quartier populaire de Belcourt. Que pensent-ils du 1er novembre 1954 ?


"C'était il y a tellement longtemps. C'est surtout une bonne occasion de faire la fête", avoue Amine, qui précise être "comme tous les Algériens, au courant de la toute symbolique qui entoure cette date".


Son ami Réda tient à s'exprimer : "Depuis tout petit, on nous parle de la guerre d'Algérie. C'est important de se souvenir et de commémorer. Mais on aimerait aussi que le gouvernement s'occupe de sa jeunesse". 


Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, une trentaine d'actions armées sont menées simultanément sur le territoire algérien, marquant le début du soulèvement et l'acte de naissance d'un mouvement inconnu jusqu'à alors : le Front National de Libération Nationale  (FLN). 


Casernes militaires et de gendarmerie, bâtiments administratifs, bureaux de poste, fermes de colons, immeuble de la radio ou voies ferrées…Tous les symboles de l’occupation coloniale française sont frappés. L'objectif du FLN est clair : l'indépendance de l'Algérie passera par la lutte armée. Personne alors ne pense que le coup de force du FLN est le début d'une terrible guerre de décolonisation, longue de presque huit ans, qui pendant longtemps ne dira pas son nom dans l’Hexagone où l’on parlera avec euphémisme des "événements d’Algérie".


Le 5 juillet 1962, L'Algérie fête officiellement son indépendance. 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.