Mondial. Tunisie : Hervé Renard appelé à la rescousse après le fiasco suédois

 Mondial. Tunisie : Hervé Renard appelé à la rescousse après le fiasco suédois

La FTF a expliqué qu’au terme du Mondial, des négociations auront lieu avec Hervé Renard quant à un contrat à long terme pour les prochaines années

C’est une véritable révolution, rarissime en pleine Coupe du monde ! La débâcle face à la Suède n’aura laissé aucun répit au staff des Aigles de Carthage. Au lendemain de la lourde défaite concédée face à la Suède à Monterrey (1-5), la Fédération tunisienne de football a décidé de faire table rase, de mettre fin sans ménagement aux fonctions de Sabri Lamouchi et de confier les rênes de la sélection au français Hervé Renard.  

Il s’agit d’une décision spectaculaire qui intervient en pleine Coupe du monde et qui illustre l’ampleur du malaise provoqué par l’entrée en matière catastrophique des Tunisiens. Selon le journaliste sportif Romain Molina, spécialiste des leaks du monde du football, « l’arrivée de Hervé Renard a été rendue possible par le bureau de la présidence de la République, notamment pour les questions financières ». Conscient que la coupe est pleine après l’humiliante double défaite face à la Belgique et la Suède respectivement 5-0 et 5-1, Carthage a dû réagir in extremis dans un pays où toutes sortes de décisions sont désormais centralisées au Palais.

Alors que la sélection nationale n’a plus son destin entre les mains avant d’affronter le Japon puis les redoutables Pays-Bas, le technicien français de 57 ans hérite d’une mission qui relève quasiment de l’impossible : restaurer la confiance d’un groupe sonné et tenter de maintenir en vie les espoirs de qualification. Une opération de sauvetage menée dans l’urgence, au cœur d’un véritable psychodrame.

 

Le limogeage de Lamouchi, une journée de tensions et de tractations

Le camouflet reçu contre la Suède a provoqué une onde de choc jusque dans les coulisses de la délégation tunisienne. Critiqué pour les choix tactiques et de composition effectués lors du premier match et pour l’incapacité de son équipe à réagir après l’ouverture du score suédoise, Sabri Lamouchi s’est retrouvé immédiatement fragilisé, sans compter les polémiques rampantes autour de l’encombrante présence de son fils qui s’est clashé avec les supporters.

Selon plusieurs sources proches du dossier, la journée de lundi a été marquée par d’intenses discussions entre le sélectionneur et les responsables fédéraux. Dans un premier temps, Lamouchi aurait refusé de quitter son poste, estimant qu’un seul match ne pouvait justifier une éviction aussi brutale. Les négociations se sont ensuite concentrées sur les aspects financiers de son départ.

Le technicien aurait finalement accepté son licenciement après avoir obtenu le versement intégral de ses rémunérations pour les trois prochains mois, soit près de 300 000 dinars tunisiens. Un compromis qui a permis à la Fédération d’éviter un conflit plus coûteux encore, le contrat de Lamouchi courant théoriquement jusqu’en 2028…

Plusieurs rumeurs, démentis et publications supprimées sur les réseaux sociaux par la FTF ont toutefois alimenté la confusion durant de longues heures. L’affaire a rapidement pris une dimension médiatique considérable, révélant les tensions qui traversent le football tunisien après ce début de Mondial manqué.

 

Hervé Renard face à un défi colossal

À peine nommé, Hervé Renard a immédiatement plongé dans le grand bain. Arrivé mardi après-midi à Monterrey par un vol en provenance de Paris, l’ancien sélectionneur du Maroc et de l’Arabie saoudite a dirigé sa première séance d’entraînement quelques heures seulement après son atterrissage.

Le technicien français, celui que l’on appelle « le solutionneur », habitué aux missions délicates et aux contextes sous pression, a tenté d’insuffler un nouvel état d’esprit dès sa première conférence de presse ce matin. « Je n’ai pas hésité une seconde lorsque la Fédération tunisienne m’a contacté. Il reste deux matchs. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ! », a-t-il déclaré devant un bouillonnant parterre de journalistes.

Mais au-delà du discours volontariste, la réalité sportive demeure particulièrement complexe. Avec une différence de buts lourdement plombée après le revers contre la Suède, la Tunisie devra impérativement obtenir un résultat positif face au Japon avant de défier les Pays-Bas lors de la dernière journée, pour espérer encore une qualif à la faveur du nouveau système des meilleurs troisièmes de poule. La tâche s’annonce d’autant plus ardue que le changement d’entraîneur intervient dans un délai extrêmement court, laissant peu de temps pour corriger les lacunes observées lors du premier match.

Les supporters tunisiens, eux, oscillent entre colère et espoir. Beaucoup dénoncent une préparation insuffisante et une gestion chaotique de la crise, tandis que d’autres veulent croire à l’effet psychologique ou placebo que peut produire l’arrivée d’un technicien au palmarès reconnu. Une certitude demeure : rarement une sélection engagée dans une Coupe du monde aura changé de cap dans des circonstances aussi tumultueuses.

Pour Hervé Renard, le défi est immense. Pour les Aigles de Carthage, il s’agit désormais de sauver l’honneur et de démontrer que la lourde défaite face à la Suède n’était qu’un accident. Dans le cas contraire, ce Mondial restera comme l’un des plus grands échecs de l’histoire récente du football tunisien.

 

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Seif Soudani

Seif Soudani est journaliste du Courrier de l’Atlas basé à Tunis. Il couvre la politique, l’économie et les enjeux de société en Tunisie