Blocage des prisons : dénoncer la surpopulation carcérale et le manque d’effectifs

Blocage de prisons à Béziers, le 27 avril 2026, à l’appel de la CGT et de l’Ufap‑Unsa. © Gabriel BOUYS / AFP
Blocage des prisons ce lundi 27 avril : le syndicat des surveillants pénitentiaires Ufap‑Unsa Justice alerte sur la surpopulation et les postes vacants.
« Nous alertons sur une surpopulation pénale devenue incontrôlable ; avec 88 000 détenus aujourd’hui, la réalité nous donne raison et confirme l’obligation à agir », regrettait le syndicat Ufap-Unsa dans son appel au blocage de l’ensemble des structures pénitentiaires.
Rejoint par les syndicats CGT-Pénitentiaire et la SPS-CEA, le syndicat à la base de l’appel a pour objectif de créer un « rapport de force » pour lutter contre la surpopulation carcérale et trouver une solution aux 5 000 postes vacants tous corps confondus.
Avec ce blocage, l’Ufap-Unsa affiche sa détermination à faire enfin bouger les lignes : « nous refusons de continuer à subir la violence dans l’indifférence et d’être les victimes silencieuses d’un système à bout de souffle ! ».
Manque d’effectifs et surcharge de travail
Au 1er mars, le taux d’occupation globale était de 137,5% dans les prisons françaises. Les records de surpopulation carcérale tombent quasiment chaque mois, pourtant 4 000 postes restent vacants chez les personnels de surveillance déplore l’Ufap-Unsa.
Un manque d’effectifs criant qui se fait ressentir à tous les niveaux, comme le regrettait Alexandre Caby, secrétaire général de l’Ufap (France Info) : « De l’entrée des détenus à leur sortie, du greffe à la fouille, sans oublier la buanderie, les surveillants et les services d’insertion et de probation qui gèrent parfois jusqu’à 130 dossiers alors qu’ils devraient en gérer 60 (…) Ils ont l’impression de gérer davantage les flux que de proposer un travail qualitatif ».
Autre conséquence de ce manque moyens humains, l’insécurité grandissante. Le syndicat a dénombré 5 000 agressions physiques.
Incertitude autour de la loi SURE
Annoncé comme un texte global sur la justice pénale et l’exécution des peines, le projet de loi SURE (Sanction, Utile, Rapide et Effective), porté par le garde des Sceaux Gérald Darmanin, est rattrapé par les incertitudes.
L’Ufap-Unsa déplore le fait que le projet de loi soit séparé en deux : l’un sur la justice criminelle et le respect des victimes, l’autre sur l’exécution des peines. C’est dans ce dernier volet que l’article 7 introduirait une interdiction des matelas au sol dans le code pénitentiaire.
Cependant, le projet de loi sur l’exécution des peines ne devrait être examiné par la représentation nationale qu’au cours de l’été 2026. Une raison de plus, pour l’Ufap-Unsa, de lancer un blocage des prisons et d’exiger de réelles avancées :
« On remplit plus vite qu’on ne vide et ce texte ne changera rien à cette équation (…) On promet de « gérer » la surpopulation, mais on ne fait que repousser le mur de quelques centimètres, en espérant que personne ne regarde les fissures ».
