Environnement. La Méditerranée saturée de plastique

Environ 24 millions de tonnes de déchets plastiques ont été produites par 22 pays de la région méditerranéenne, selon un rapport publié par WWF en juin 2019 sur le plastique en Méditerranée. Sur ce total, près de 6,6 millions de tonnes ne sont pas collectées et 570 000 tonnes finissent dans la mer. 

Les neuf principaux pollueurs de la région méditerranéenne représentent 85 % du total des déchets rejetés en mer. La concentration en micro-plastiques en Méditerranée est aujourd’hui supérieure à celle du « continent de plastique » localisé dans le Pacifique nord.

Si la France est le plus important producteur de déchets en plastique, son système de collecte en récupère la plus grande partie. En revanche, l’Égypte ne fabrique que 10 % du plastique de la région, mais est le principal pollueur avec 250 000 tonnes de déchets déversés en mer. Autre mauvais élève, la Turquie est responsable du rejet de 110 000 tonnes de plastique en Méditerranée.

Malgré sa petite taille, la Tunisie apparaît dans le top 10 des pollueurs avec 10 000 tonnes de plastique déversés en mer. Le rapport WWF y pointe notamment l’absence de tri sélectif et des décharges où les « mesures sanitaires adéquates font défaut ». À titre de comparaison, le Maroc avec une population trois fois supérieure se classe au même niveau que la Tunisie.

La rive nord de la Méditerranée n’est pas pour autant un exemple, notamment en matière de recyclage. Le meilleur élève de la région, l’Espagne, ne recycle que 35 % de ses déchets plastiques. L’Italie et la France se contentent d’un taux de recyclage de 20 % à 25 %, alors que la moyenne européenne, tirée par les pays du nord, est de 30 %. Les pays d’Afrique du Nord sont loin derrière avec des taux ne dépassant pas les 10 %, la Syrie et la Tunisie affichant les chiffres les plus faibles.

5 grammes de plastique par semaine au menu

Contrairement aux cas des océans, 80 % de la pollution plastique en Méditerranée revient vers les côtes en une dizaine d'années, d'où l'accumulation de déchets plastiques sur les plages et les littoraux. « C'est grave sur le plan environnemental, mais aussi économique puisque cette pollution menace de nombreux emplois et ressources. Il est donc impératif que les États méditerranéens prennent des mesures ambitieuses pour mettre un terme à ce fléau. La France a l'opportunité d'agir concrètement en actant des mesures ambitieuses dans la loi anti-gaspillage qui est actuellement en discussion », a déclaré Isabelle Autissier, présidente du WWF France, dans un communiqué.

Conséquence directe, un individu moyen pourrait ingérer jusqu'à 5 grammes de plastique chaque semaine, soit le poids d'une carte de crédit, selon un autre rapport commandé par le WWF à l'université de Newcastle (Australie). Selon ces résultats, compilation de 50 études menées sur l'ingestion humaine de plastiques, chaque homme avalerait environ 2 000 micro-pièces et particules chaque semaine, soit quelque 250 grammes annuellement. Première source de ce plastique ingurgité, l'eau, surtout si elle est embouteillée. Parmi les autres produits de consommation analysés, les fruits de mer, la bière et le sel contiennent le plus fort taux.

Par ailleurs, les micro-plastiques (d’une taille inférieure à 5mm) qui se retrouvent en mer concentrent toute sorte de polluants en raison de leur taille et de leurs aspérités. Polluants qui sont ensuite ingérés par les poissons qui les confondent avec du plancton et qui peuvent finir dans nos assiettes.

Rached Cherif

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