Le procès en appel du policier, responsable de la mort d’Amine Bentounsi, abattu d’une balle dans le dos en 2012, démarre ce lundi

 Le procès en appel du policier, responsable de la mort d’Amine Bentounsi, abattu d’une balle dans le dos en 2012, démarre ce lundi

Crédit image : Hassan Kodack


Ce lundi 6 mars (jusqu'au vendredi 10 mars) débute le procès en appel de Damien Saboundjian, gardien de la paix, responsable de la mort d'Amine Bentounsi. Acquitté en première instance au nom de la légitime défense, ce policier avait pourtant abattu le fuyard d'une balle dans le dos à Noisy-le-Sec en Seine-Saint-Denis. 


L'acquittement de Damien Saboundjian, en janvier 2016 avait été accueilli par des huées et des sifflements. Le policier avait dû être évacué par une porte dérobée du palais de justice de Bobigny (93). Mécontent de la décision des jurés, le parquet général avait fait appel de cette décision une semaine plus tard. Depuis ce drame, Amal Bentounsi, la sœur de la victime ne vit que pour que justice lui soit rendue. Le Courrier de l'Atlas l'a rencontrée la veille de ce deuxième procès. 



LCDL : Comment vous sentez-vous à la veille de ce deuxième procès ?


Amal Bentounsi : Assez sereine. Combattive. Je suis toujours autant déterminée. Je veux juste que justice soit rendue. Damien Saboundjian, le gardien de la paix qui a abattu mon frère n'a pas agi en état de légitime défense. Et je sais qu'il sait qu'il a commis l'irréparable. 


C'est aussi ce qu'ont affirmé plusieurs témoins lors du premier procès…


Oui, ils ont attesté qu'Amine fuyait, sans se retourner au moment des tirs. L'un des policiers présents au moment du meurtre a même avoué à la barre avoir menti pour couvrir son collègue. Un mensonge pour lequel il n'a jamais été sanctionné.


En première instance, malgré les éléments troublants, les jurés de la Cour d'assises de Bobigny avaient relaxé Damien Saboundjian. Croyez-vous que la Cour d'appel vous donnera cette fois-ci raison ? 


Je sais que je devrais être pessimiste, compte tenu des autres affaires de crimes policiers où la justice est quasiment toujours clémente avec les accusés. J'espère qu'elle fera juste son travail. Pour faire mon deuil, j'ai besoin qu'on me rende justice. Je veux rétablir la vérité et j'aimerais qu'on cesse avec la criminalisation de mon frère. Peu importe son passé judiciaire, il a été abattu de dos. Je continue à y croire, sinon, cela fait longtemps que j'aurais arrêté de me battre. 


Propos recueillis par Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.