Les Saoudiennes voyagent enfin sans l’accord d’un tuteur

 Les Saoudiennes voyagent enfin sans l’accord d’un tuteur

Aéroport de Abha – ARABIE SAOUDITE – FAYEZ NURELDINE / AFP


Vaut mieux tard que jamais ! Les femmes saoudiennes vont être enfin autorisées à obtenir un passeport et à voyager à l’étranger sans devoir obtenir l’accord préalable d’un « tuteur » de sexe masculin, a annoncé jeudi 1er août le gouvernement à Riyad. « Un passeport sera délivré à tout ressortissant saoudien qui en fera la demande », a rapporté le quotidien gouvernemental Umm Al Qura.


Selon le quotidien proche du gouvernement Okaz et d’autres médias citant les autorités, cette nouvelle règle s’appliquera aux femmes âgées de 21 ans ou plus.


Jusqu’à présent, les femmes en Arabie saoudite doivent obtenir la permission d’un de leurs « tuteurs » – mari, père ou autre parent de sexe masculin – pour se marier, renouveler leur passeport ou sortir du pays. Ce système, qui revient à assimiler les Saoudiennes à des mineures toute leur vie durant, est dénoncé depuis des dizaines d’années par les organisations de défense des droits des femmes.


La décision d’autoriser les Saoudiennes à voyager librement à l’étranger est la dernière en date d’une série de mesures de libéralisation menées par le prince héritier Mohammed Ben Salman, alias MBS, qui a la haute main sur toutes les affaires du royaume ultraconservateur.


La plus emblématique de ces réformes a été celle permettant aux femmes de conduire une voiture depuis juin 2018. Les femmes ont également été autorisées récemment à assister à des matchs de football et à accéder à des emplois autrefois strictement réservés aux hommes.


De bonnes nouvelles donc et des décisions qui ont transformé la vie de nombreuses Saoudiennes. Toutefois, ces réformes sont jugées insuffisantes par certaines associations. Elles soulignent que le système de « tutorat » est encore loin d’être aboli. En 2019, les hommes saoudiens ont pratiquement tous les pouvoirs sur leurs parents de sexe féminin… 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.