Tarek Mami, la voix de France Maghreb 2, nous a quittés

 Tarek Mami, la voix de France Maghreb 2, nous a quittés

Tarek Mami, fondateur de France Maghreb 2, a consacré sa carrière à faire entendre les voix de la diversité entre la France et le Maghreb.

Ce dimanche 27 septembre 2026, le patron et fondateur de France Maghreb 2 a posé définitivement son micro. Entouré de ses proches, il s’est éteint, laissant derrière lui un vide immense, celui d’une voix qui, pendant des années, avait accompagné et rassemblé toute une communauté, comme l’a annoncé la station sur les réseaux sociaux.

Pour comprendre qui était Tarek, il ne faut pas juste regarder les organigrammes ou ses titres de juriste et de journaliste. Il faut regarder ce qu’il a construit. À une époque où les grands médias regardaient la banlieue et l’immigration avec condescendance ou suspicion, lui a monté un pont. Un vrai. Solide. Entre la France et le Maghreb.
Tarek Mami, c’était une voix familière, celle d’une génération de Français et de binationaux qui avait trouvé dans France Maghreb 2 un espace où elle pouvait se reconnaître, s’exprimer et se sentir chez elle. Il n’a pas fait de la « radio communautaire » au sens réducteur où certains l’entendent ; il a fait de la radio populaire, humaine, proche des gens, là où on parle vrai.
Tarek n’avait pas peur d’aller au charbon. Quand il fallait monter au créneau pour défendre les radios indépendantes au sein du Syndicat des Radios Indépendantes (SIRTI), il y allait. Quand il fallait se battre pour que le DAB+ (la radio numérique) ne soit pas confisqué par les mastodontes du PAF, il passait ses nuits sur les dossiers. Il voulait que les voix de la diversité aient la même qualité de son, le même droit de cité que les autres. Il ne demandait pas de traitement de faveur, simplement la même place et les mêmes moyens pour se faire entendre.
Il poussait ses auditeurs à voter, à s’impliquer, à ne jamais baisser la tête. C’était ça, son patriotisme : exigeant, citoyen et profondément ancré dans le réel.
Aujourd’hui, avec la disparition de Tarek Mami, c’est bien plus que l’équipe de France Maghreb 2 qui est orpheline. Ce sont ses auditeurs, ses proches, toute une génération qui perd un grand frère, un oncle, un repère. Tarek Mami est parti, mais la fréquence qu’il a gravée dans le paysage audiovisuel français, elle, ne s’effacera pas.

Tarek Mami et France Maghreb 2, en 2018

En juin 2018, Le Courrier de l’Atlas rencontrait Tarek Mami et l’équipe de France Maghreb 2 au Cabaret Sauvage, à Paris, à l’occasion des 30 ans de la radio : https://www.youtube.com/watch?v=LpzDkYsKXuQ

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.