Une croissance stérile de 2,6% au premier semestre

 Une croissance stérile de 2,6% au premier semestre


Le produit intérieur brut (PIB) de la Tunisie a enregistré une croissance de 2,8% en glissement annuel, durant le deuxième trimestre de 2018, comparé au deuxième trimestre de 2017, et de 0,6% par rapport au premier trimestre de 2018, selon les dernières statistiques de l’Institut national de la statistique (INS). Insuffisant pour impacter le taux de chômage du pays. Décryptage.


L’économie nationale aura ainsi enregistré une croissance de 2,6% durant le premier semestre de l’année en cours, contre 1,9% durant la même période de l’année 2017, révèle l’INS aujourd’hui 16 août. Un chiffre relativement flatteur pour le gouvernement de Youssef Chahed, mais un chiffre qui, selon nombre d’experts, peine à se répercuter pour le moment sur le taux de chômage stationnaire et structurel du pays, qui stagne à 15,4%.  


Ainsi le nombre de chômeurs a même ostensiblement augmenté : estimé pour le deuxième trimestre 2018 à 638 mille du total de la population active, contre 634.2 mille chômeurs pour le premier trimestre 2018…


Quant à la répartition selon les sexes, le taux de chômage pour le deuxième trimestre 2018 est estimé à 12.5% chez les hommes et 22.7% chez les femmes.


 


Eclaircie dans les industries manufacturières


Toujours selon les statistiques de l’INS, la valeur ajoutée du secteur des industries manufacturières a pourtant enregistré une légère croissance de 0,8% durant le deuxième trimestre de 2018, par rapport à la même période de l’année précédente.


Cette augmentation est particulièrement due à l’évolution de la valeur ajoutée des secteurs vitaux à l’instar des industries agroalimentaires (+2,4%), le textile, habillement et chaussures (+2,6%) et les industries chimiques (+4,9%), explique la même source.


En revanche, d’autres secteurs ont enregistré une baisse de leur valeur ajoutée, à l’instar des industries des matériaux de construction, de la céramique et du verre (-2,3%) et celui des industries mécaniques et électriques (-0,6%), un secteur qui a enregistré la fermeture de plusieurs usines destinées à l’export ces derniers mois.


Quant aux industries non manufacturières, elles ont connu une évolution de 1,3% durant le deuxième trimestre de 2018, par rapport à la même période de 2017.


Globalement, la croissance semestrielle s’explique donc essentiellement par la hausse de la valeur ajoutée du secteur de la construction (3,6%), la reprise de la croissance pour le secteur minier (0,3%), et par une baisse moins importante de la valeur ajoutée du secteur de l’extraction du pétrole et du Gaz naturel par rapport au deuxième trimestre 2017, soit -1,4% contre -14%.  


 


Le secteur des services tire son épingle du jeu


Le secteur des services poursuit quant à lui sa croissance, avec une hausse de 3,6% de sa valeur ajoutée au deuxième trimestre de 2018, soutenu par une évolution de la valeur ajoutée de tous les secteurs qui y sont liés.


La valeur ajoutée du secteur de l’hôtellerie, de la restauration et des cafés, a ainsi augmenté de 11,5%, grâce à la hausse de 34% du nombre de nuitées passées dans les hôtels tunisiens. Le secteur du transport a également connu une amélioration de 4,7% grâce à la dynamique enregistrée par le transport aérien. Le secteur des télécommunications et celui des services financiers ont respectivement augmenté de 3,2% et de 5,5%. Les services non marchands ont aussi connu une légère amélioration de 0,1%.


La valeur ajoutée du secteur de l’agriculture et de la pêche a également, progressé de 9% durant le deuxième trimestre de 2018. A défaut de se moderniser, l’économie tunisienne reste donc fidèle à ses fondamentaux axés sur les services.

Seif Soudani