Violences policières filmées et PV mensonger : deux policiers jugés en Seine-Saint-Denis

 Violences policières filmées et PV mensonger : deux policiers jugés en Seine-Saint-Denis

Tribunal de Bobigny – Photo : Ludovic MARIN / AFP

Deux policiers sont jugés pour violences policières Seine-Saint-Denis après avoir agressé un jeune homme à Noisy-le-Grand en 2021, avec des peines de six mois de prison avec sursis requises.

 

Devant le tribunal correctionnel, la procureure a réclamé une interdiction d’exercer la fonction de policier pendant deux ans contre l’un de deux policiers.

La magistrate a évoqué « la perte de confiance » induite par sa « rédaction d’un procès-verbal mensonger, altéré », alors que ce gardien de la paix « n’ignorait pas ses propres coups ni les coups de pied illégitimes portés par son collègue », le soir du 17 septembre 2021.

Pluie de coups

La victime a raconté aux juges qu’il avait eu des démêlés avec ce même policier qui lui avait alors promis de lui « gâcher la vie ».

Ce soir-là, à Noisy-le-Grand, les policiers sont venus « montrer leur force » dans la cité, raconte-t-il, parce qu’ « un jeune a été relaxé » quelques jours auparavant. Il a alors été emmené à l’écart, et frappé à l’abri des regards.

« La pluie de coups » ne cesse que quand il entend un des policiers dire « attention, ça filme ». Il est ensuite emmené au commissariat, visé par une plainte pour violences et outrages, puis déféré en comparution immédiate.

Images vidéo et témoignages contredisent le PV

Si quatre ans plus tard, les deux policiers sont finalement jugés, c’est parce que des images de vidéosurveillance de la Ville et une vidéo amateur lui ont permis de contester la version policière.

Le PV d’interpellation lui reprochait d’avoir été à l’origine de la scène de violences. Or, au regard des images, le service de déontologie de synthèse et d’évaluation de la police a conclu qu’ « aucun danger pour les fonctionnaires de police n’était observé avant l’altercation » et que « les premières violences visibles à la vidéo provenaient des policiers ».

Le jugement est attendu le 2 avril.

 

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