9e jour de grève de la faim pour les prisonniers politiques palestiniens

 9e jour de grève de la faim pour les prisonniers politiques palestiniens

Salah Hamouri – Crédit photo : Jean-Michel Sicot 

Trente prisonniers politiques palestiniens, dont l’avocat franco-palestinien Salah Hammouri, ont entamé dimanche 25 septembre une grève de la faim pour protester contre leur détention arbitraire dans les prisons israéliennes.

 

80% de ces prisonniers sont en détention administrative, un système hérité du mandat britannique qui permet à Israël d’arrêter et de maintenir en prison des individus indéfiniment, censés représenter un danger pour la sécurité. Ni les prisonniers ni leur avocat n’ont le droit de connaître le motif de cette détention.

Trois jours après le début de sa grève de la faim, le 28 septembre, notre compatriote Salah Hamouri, français par sa mère, palestinien par son père, a été placé en cellule d’isolement. Son comité de soutien a exprimé son inquiétude après que l’avocat de Salah Hamouri a pu lui rendre visite hier (NDLR : dimanche 2 octobre).

« Salah est dans une cellule sans fenêtre, avec un matelas vétuste posé au sol et un WC. Il n’a pas le droit de sortir pour voir la lumière du jour. La seule sortie de la cellule d’isolement est pour se rendre à la douche, où il doit y rester menotté en permanence », dénonce-t-il.

Toujours selon le comité, Salah ne consommerait « que de l’eau depuis le 25 septembre, n’ayant pas accès à du sel, élément particulièrement important pour les grévistes de la faim ». « « Il n’a pas droit aux visites familiales, n’a pas la possibilité de cantiner. Ces nouvelles sont très inquiétantes et prouvent l’acharnement des autorités israéliennes pour infliger des souffrances à Salah et le faire céder », appuient encore ses proches.

Ce 28 septembre, les députés LFI, membres de la commission des Affaires étrangères se sont fendus d’un communiqué fort pour apporter leur soutien aux 30 grévistes de la faim et dénoncer l’inaction de la diplomatie française. 

« Nous n’avons cessé d’interpeller le gouvernement au sujet du harcèlement qu’il subit depuis de trop nombreuses années. Salah Hamouri est détenu sans charges ni procès depuis le 7 mars 2022, et ce n’est pas la première fois qu’il est ainsi emprisonné : ces vingt dernières années, il a passé plus de neuf ans derrière les barreaux. Malgré nos interpellations au gouvernement, nous n’avons guère obtenu de réponse. Nous savons simplement que le Président Emmanuel Macron se serait « enquis » de la situation de notre compatriote lors de sa rencontre avec le Premier ministre israélien Yaïr Lapid. La teneur de cet échange nous ne la connaissons pas. Ce que nous observons cependant, c’est que la situation de Salah Hamouri ne cesse de se dégrader », pestent les parlementaires.

Avant de conclure : « Est-il nécessaire de souligner le degré de désespoir pour en arriver à une solution aussi extrême qu’une grève de la faim ? Faut-t-il attendre qu’il succombe pour que la France se souvienne qu’elle doit assistance à tous ses enfants quand ils sont victimes d’oppression et ce quelle que soit leur position géographique ? »

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.