Accès aux soins pour les étrangers : craintes justifiées ?

 Accès aux soins pour les étrangers : craintes justifiées ?

CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP


61 organisations s'inquiètent concernant les changements de l'accès aux soins des étrangers qui seront mis en place par le gouvernement.


Carence


61 organisations dont Médecins du Monde, l'Observatoire du droit à la santé des étrangers (ODSE) ou encore Secours Catholique-Caritas France, font part de leur inquiétude concernant le futur de l'accès aux droits et aux soins des étrangers en interpellant Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé.


Parmi les décisions posant problème : un délai de trois mois avant l'accès à la sécurité sociale pour les demandeurs d'asile ; ou encore repousser de trois mois supplémentaires l’accès à l’Aide médicale d’Etat (AME) pour les personnes sans-papiers entrées en France avec un visa.


Pour les organisations, de telles mesures retarderont juste la prise en charge des personnes nécessitant des soins, les poussant à se diriger vers les urgences qui sont déjà saturées.


Problèmes concrets


« Ces décisions vont ainsi accroître considérablement les coûts humains et financiers du système de santé, tel que cela a été démontré dans d’autres pays européens », anticipent déjà les organisations. Ces dernières posent également des questions très concrètes quant aux soins à apporter à des personnes étrangères malades comme, par exemple :


« Comment soigner les personnes dont les droits à l’Assurance maladie seront coupés, mais qui seront interdites d’AME pendant une durée d’au moins trois mois, dans l’attente d’une éventuelle régularisation ? ». Des questions pratiques auxquelles seront confrontées les équipes hospitalières.


Baisse budgétaire


Début novembre, une enveloppe amputée de 15 millions d'euros pour l'Aide médicale d'Etat (AME) concernant le budget santé de 2020, annonçait le gouvernement la semaine dernière.


Le 7 novembre, l'Assemblée nationale votait des mesures sur la couverture santé des migrants, dont la plus controversée était l'instauration de ce délai de carence de trois mois pour l'accès à la couverture santé de base (PUMa), hors soins urgent.


« Les soins hospitaliers vitaux, les maladies infectieuses, les soins délivrés aux femmes enceintes et nouveaux nés, et le délai de carence n'est pas applicable aux enfants mineurs », expliquait Mme Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé.


Des précisions qui n'ont absolument pas rassuré totalement les organisations de défense des droits des migrants et qui attendent des réponses concrètes à des problèmes concrets.

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