La navigatrice Pia Klemp refuse la médaille de la Ville de Paris

 La navigatrice Pia Klemp refuse la médaille de la Ville de Paris

La capitaine du bateau Sea-Watch 3 Pia Klemp.


Certaines ont la classe. La navigatrice allemande Pia Klemp  a refusé ce mardi 20 août la médaille de la Ville de Paris. 


En juillet dernier, la municipalité parisienne annonçait en grande pompe qu'elle allait remettre la médaille Grand Vermeil aux deux capitaines du bateau Sea-Watch 3, Carola Rackete et Pia Klemp, pour réaffirmer son "soutien aux femmes et hommes qui œuvrent au sauvetage des migrants au quotidien". Manque de pot pour la mairie de Paris, Pia Klemp a décliné !


"Madame Hidalgo, vous voulez me décorer pour mon action solidaire en mer Méditerranée, parce que nos équipages travaillent quotidiennement à sauver des migrants dans des conditions difficiles. Simultanément votre police vole les couvertures de gens contraints de vivre dans la rue, pendant que vous réprimez des manifestations et criminalisez des personnes qui défendent les droits des migrants et des demandeurs d’asile. Vous voulez me donner une médaille pour des actions que vous combattez à l’intérieur de vos propres remparts. Je suis sûre que vous ne serez pas surprise de me voir refuser votre médaille Grand Vermeil", a expliqué avec panache la navigatrice allemande, dans un communiqué rendu public ce mardi 20 août.


Avant de poursuivre : "Paris, je ne suis une humanitaire. Je ne suis pas là pour "aider". Je suis solidaire à tes côtés. Nous n’avons pas besoin de médailles. Nous n’avons pas besoin de pouvoirs décidant qui est un "héros" et qui est "illégal". En fait, il n’y a pas lieu de faire cela, car nous sommes tous égaux".


"Ce dont nous avons besoin, c’est de liberté et de droits. Il est temps de dénoncer les honneurs hypocrites et de combler le vide par la justice sociale. Il est temps que toutes les médailles soient lancées comme des fers de lance de la révolution! Papiers et logements pour toutes et tous ! Liberté de circulation et d'installation!", conclut-elle avec beauté. 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.