Google Maps n’a pas vraiment retiré la Palestine de ses cartes

 Google Maps n’a pas vraiment retiré la Palestine de ses cartes

Voilà ce qu’on obtient quand on tape le nom Palestine sur Google Maps


 


Quand quelqu’un veut localiser un endroit sur la planète, il se sert de Google Maps. Alors quand un groupe de journalistes palestiniens de Gaza annonce que la Palestine a été supprimée le 25 juillet dernier, des cartes de Google Maps et a été remplacée par le nom d’Israël, forcément, ça passe mal. Aux quatre coins du monde, on a crié son indignation. Et pourtant, ça n'est pas tout à fait exact.


 


« Cela fait partie de la stratégie d’Israël pour établir son nom en tant qu’Etat légitime pour les générations à venir et rayer définitivement la Palestine de la carte », a déclaré dans un communiqué le Front des Journalistes Palestiniens (PJF), à l’initiative de la fronde. « Ce remplacement vise également à falsifier l’histoire, la géographie, ainsi que le droit du peuple palestinien à avoir sa patrie, et aussi une tentative vouée à l’échec pour manipuler la mémoire des Palestiniens et des Arabes du monde entier », ont continué les journalistes palestiniens. 


Seul problème : Google Maps n'a pas effacé la Palestine le 25 juillet 2016, comme il a été affirmé, peu importe si l’information a été reprise par tous les médias du monde, pour la simple raison que la Palestine n’a jamais existé sur Google Maps !


En vrai, si aujourd'hui vous cherchez « Palestine » sur Google Maps, vous aurez le même résultat que vous auriez eu il y a cinq mois, lorsqu'un dénommé Zak Martin avait lancé une pétition sur Change.org (https://www.change.org/p/google-inc-google-put-palestine-on-your-maps). A l’époque, Zak Martin s’indignait déjà que « pour Google, la Palestine n’existe pas ».


La seule chose qui a changé et qui va plutôt dans le bon sens, c'est que depuis 2013, Google a reconnu l’Etat palestinien sur son moteur de recherche en affichant « Palestine », sous son logo sur la page google.ps, là où il n’y avait avant que « Territoires palestiniens ». Il ne l’avait néanmoins pas fait sur Google Maps.


De plus, si vous cliquez sur n'importe quelle ville qui se trouve en territoire palestinien, Google les définit comme « palestiniennes ». Et si vous cliquez encore, vous arrivez à des informations délivrées par Wikipédia, qui décrivent la Palestine comme un « Etat souverain de facto ».


Assiégé de toutes parts, Google a réagi : « Le nom "Palestine" n’est jamais apparu sur Google Maps, c’est vrai. Cependant, nous avons découvert un bug qui a fait retirer la Cisjordanie et la Bande de Gaza de nos cartes, mais nous travaillons dessus  afin de remédier à ce problème ».


On pourrait aussi rappeler à Google Maps que la Palestine a été reconnue par 137 pays….Alors, un petit effort….


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.