Ulcan crée un annuaire pour lister les « antisémites »

 Ulcan crée un annuaire pour lister les « antisémites »

Photo d’illustration – AFP

Ce n’est pas un rêve et nous ne sommes pas en Allemagne en 1940 mais bien en France en 2015. Ulcan, de son vrai nom Grégory Chelli, hacker franco-israélien, en partie responsable de la mort du père d’un journaliste de Rue 89 mais aussi friands de pièges téléphoniques et de piratages, poursuivi par la justice française, et qui est parti se réfugier en Israël, a créé un site (http://antisemites.net/) pour répertorier les « antisémites » et autres « antisionistes ».

 

Une liste noire pour lancer à la vindicte « les ennemis d’Israël », donc des « Juifs ». Un raccourci souvent utilisé pour discréditer ceux qui dénoncent la politique du gouvernement israélien. Un procédé dangereux puisqu’il pourrait pousser certains dégénérés à user de la violence envers ces soi-disant « antisémites ».

Dans cette liste, figureraient déjà les noms des militants Olivia Zemor et Jacob Cohen. Deux Français de confession juive, pourtant jamais condamnés pour antisémitisme. Leur tort ? Dénoncer sans relâche le sort injuste réservé aux Palestiniens. Olivia Zemor et Jacob Cohen, deux personnes régulièrement traitées de « kapos » (traîtres) par Ulcan et ses sbires.

« Ce site a pour but de répertorier les antisémites et antisionistes français. Les antisémites sont divisés en deux catégories principales, les militants et les classiques. Les militants sont ceux qui font partie d’un mouvement antisémite ou antisioniste, par exemple des militants du BDS. Les classiques sont ceux qui se lâchent sur Facebook par exemple », peut-on lire sur la page d’accueil du site.

Comme pendant les heures les plus sombres de notre histoire !, Ulcan et sa bande demandent également aux internautes de collaborer. « Signalez des antisémites et commentez les fiches pour nous donner plus d’infos », peut-on lire sur le site. Listés ou pas, les militants contactés promettent de ne rien lâcher et de continuer la lutte.

Quant à Ulcan, malgré l’ouverture d’une information judiciaire française et la désignation d’un juge d’instruction, sa venue en Hexagone n’est toujours pas d’actualité puisqu’Israël et la France ne disposent d’aucune convention d’extradition. Seule une pression diplomatique pourrait pousser l’entité sioniste à extrader le hacker, qui a seulement été placé en garde à vue 48 heures en Israël en octobre 2014.

Plusieurs dizaines de plaintes en France, dont cinq de la part de Rue89 et de ses collaborateurs, pour attaques informatiques, violences à la personne, harcèlement, dénonciations calomnieuses etc., ont été déposés à l’encontre d’Ulcan.

La violence des actes du hacker a eu des conséquences tragiques : fin septembre 2014, le père de Bruno Le Corre, journaliste à Rue 89, meurt, succombant à un infarctus après avoir été victime de deux atroces pièges téléphoniques. Plongé dans un coma artificiel, cinq jours après un premier appel d’Ulcan lui annonçant la mort imaginaire de son fils, puis un second appel à la police provoquant une intervention musclée de la police à 4 heures du matin chez lui, pensant y découvrir les cadavres de sa femme et son enfant….

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.