« L’armée israélienne veut anéantir le peuple de Gaza », Ziad Medoukh, professeur de français à Gaza

 « L’armée israélienne veut anéantir le peuple de Gaza », Ziad Medoukh, professeur de français à Gaza

Ziad Medoukh lors de son passage en France, invité par nos confrères de Radio Orient. Photo : DR

Ziad Medoukh, directeur du département de français de l’Université Al-Aqsa de Gaza a appris la langue française en Algérie, en pleine décennie noire, auprès des Kabyles de Tizi Ouzou. Il vit à Gaza et n’a aucune intention de quitter l’enclave palestinienne et ce, malgré le blocus israélien qui perdure depuis 2007. Alors que Gaza est bombardée depuis une semaine par l’armée israélienne, nous avons réussi à joindre ce partisan de la résistance pacifiste mais qui ne mâche pas ses mots.

 

LCDL : Décrivez nous la situation à Gaza ?

Ziad Medoukh : Comme vous pouvez vous en douter, la situation est catastrophique et le pire est à venir. En termes humains, le bilan est très lourd. Par rapport aux civils israéliens, nous n’avons pas d’abris ici pour nous réfugier. En une semaine, nous avons fait face à 1 500 raids israéliens qui ont causé la mort à 200 civils Palestiniens. Parmi eux, 50 enfants et 30 femmes.

5 000 Palestiniens ont été déplacés suite à la destruction de leur maison. Les centrales électriques ont été bombardées par l’armée israélienne. Résultat : nous avons droit à 3 heures d’électricité par jour. Les points de passages vers l’extérieur sont tous fermés.  Nous manquons de carburant, de médicaments et les hôpitaux sont débordés.  Les réseaux de communication, internet, etc., tout est perturbé.

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Quel est l’état d’esprit des Gazaouis ?

Même si c’est difficile, les Gazaouis sont résistants. Et ils ne lâcheront jamais cette terre, confiants qu’un jour la Palestine sera libre.

Ce n’est pas la première fois qu’ils doivent faire face à l’agression de l’armée israélienne. C’est la 4ème offensive militaire en douze ans, après celles de 2009, 2012 et 2014. Notre peuple est solidaire avec toutes les formes de résistance.

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On entend et on lit beaucoup ici en France que l’armée israélienne cherche à détruire le Hamas. Qu’en pensez-vous ?

Oui, je regarde les médias français. La couverture médiatique dans son ensemble m’est insupportable.  J’entends aussi les responsables israéliens dire qu’Israël n’est pas contre le peuple palestinien.

Si Israël avait de la sympathie pour les Palestiniens, alors ils ne bombarderaient pas les civils, ils arrêteraient le blocus à Gaza, ils n’empêcheraient pas les Gazouis de se faire soigner hors de l’enclave palestinienne.

A chaque fois, c’est la même histoire. L’armée israélienne dit qu’elle veut détruire le Hamas et curieusement après chaque attaque, le Hamas en ressort plus fort. L’armée israélienne ne cherche pas à détruire le Hamas, elle veut anéantir le peuple de Gaza.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.